Cameroun : une étude en vue pour maîtriser le « risque hydrologique » dans le bassin de la Sanaga




Le bassin abrite plus de la moitié des barrages hydroélectriques et de la puissance équipable du Cameroun. L’étude vise à maîtriser et à mieux faire face aux différents facteurs pouvant conduire à une baisse du niveau des eaux nécessaires au bon fonctionnement des barrages

 

 

L’unité de gestion du projet au ministère de l’Eau et de l’Energie (UGP Minee) du Projet d’assistance technique pour le développement de l’hydroélectricité sur le fleuve Sanaga (PATDHS) clôture ce 24 août un avis de sollicitation à manifestation d’intérêt ouvert pour le « recrutement d’un cabinet chargé de la réalisation de l’étude hydrologique et des changements climatiques à l’échelle nationale avec un focus sur le bassin de la Sanaga. »

 La Sanaga, d’une superficie de 133 000 km2, concentre la majeure partie du potentiel hydroélectrique du Cameroun, “tant en terme de production (53% de la puissance équipable) que de régulation”, d’après la Banque mondiale. La puissance “équipable”, d’après des données de la Banque, est de 13 700 MW, exploitée seulement à hauteur de 5%. Le bassin de la Sanaga abrite la majeure partie des barrages en production, ainsi que d’importants ouvrages en cours de réalisation (Nachtigal, 420 MW) ou en projet (Grand Eweng, 1800 MW).

Pour gérer les déficits hydrologiques liés à la baisse des précipitations moyennes annuelles, la variabilité climatique et les changements climatiques, des barrages réservoirs ont été construits. Il y en a déjà quatre aujourd’hui, en amont du fleuve Sanaga: Mbakaou, Bamendjin, Mapé et Lom-Pangar.

Seulement, explique le coordonnateur du PATDHS-UGP Minee, Luc Podie,“malgré la capacité régulatrice des quatre barrages en amont, la cascade entière reste vulnérable aux cycles de  baisse pluriannuelle (dernière période 1989-90; 2000-01), aux années de sécheresse exceptionnelle et aux changements climatiques”

Il souligne également que la durabilité des barrages peut être aussi affectée par l’augmentation de la température moyenne, la canicule, les crues, inondations, entre autres ; autant de phénomènes à traiter de manière approfondie dans le cadre de l’étude attendue.

« Les aménagements hydroélectriques se caractérisent par leur longévité et sont traditionnellement conçus sur la base des données hydrologiques historiques. La planification des aménagements hydroélectriques dans une perspective à long terme et résiliente au climat garantira que les générations futures hériteront des infrastructures qui ne seront pas compromises par le changement climatique », met en exergue le document de sollicitation de manifestation d’intérêt.

Le Plan de développement du secteur de l’électricité à l’horizon 2035 (PDSE 2035) prévoit, dans l’hypothèse haute, que la demande de pointe en énergie électrique dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS) – qui alimente les régions du Centre, du Sud, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest – sera de 4 472 mégawatts d’ici à cette période contre moins de 1 000 MW en 2015. 

En vue de satisfaire cette demande, le PDSE 2035 a retenu des ouvrages hydroélectriques à travers le territoire dont Nachtigal amont (420 MW) – sur la Sanaga -, Mekin (15 MW), Memve’ele (210 MW), Menchum (72 MW), Bini à Warak (75 MW). 

L’étude sur le risque hydrologique doit permettre aux pouvoirs publics d’avoir des informations sur l’impact des facteurs suscités sur la production hydroélectrique existante et escomptée, ainsi que la conception d’instruments d’atténuation à long terme.

Le consultant qui sera retenu à l’issue des différentes phases de sélection s’appuiera sur les données de certains rapports déjà réalisés, notamment le Plan d’action de gestion intégrée des ressources en eau (Pagire) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (Pana).

La mission devrait durer 09 mois.

Le PATDHS est le fruit de la coopération entre le Cameroun et la Banque mondiale.

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