Cameroun: la Chine à la manœuvre dans plusieurs projets de production d’électricité




Au moins une demi-dizaine de barrages hydroélectrique en cours ou réalisés au Cameroun depuis 2010 ont été attribués à des entreprises chinoises

 

Lom Pangar, Memve’ele, Mekin, Lagdo, Bini à Warak. Ces différents barrages, construits ou en cours au Cameroun, ont tous la particularité d’avoir été confiés à des entreprises chinoises. Ils figurent parmi les “projets d’infrastructures d’envergure” conduits sur le territoire, d’après les services de communication de la présidence de la République.

Le barrage de Lom Pangar (est-Cameroun) a été mis en place pour réduire les fluctuations saisonnières du débit du fleuve Sanaga, dont le bassin représente près de la moitié du potentiel hydraulique camerounais. Lom Pangar dispose d’une retenue d’eau de 06 milliards de m3. En stockant l’eau pour la relâcher en saison sèche afin de gérer l’étiage, il permet d’optimiser la capacité de production en énergie des centrales existantes (Song Loulou et Edéa principalement). Lom Pangar est entré définitivement en service au second semestre 2016 et l’ouvrage a été réalisé par la société China International Water & Electric Corporation. L’usine de pied du barrage (30 MW) a également été confiée à une entreprise chinoise: China Camc Engineering. Les travaux sont en cours.

Autre barrage réalisé par la Chine ces dernières années: Memve’ele (211 MW), dans le sud du Cameroun. La réception partielle du barrage a eu lieu en février 2018 mais sa mise en production est encore attendue du fait de la construction, en cours, de la ligne de transport d’électricité. Memve’ele a été réalisé par l’entreprise chinoise Sinohydro. Le barrage, d’un coût initial de 243 milliards F CFA (environ 541,5 millions de dollars US selon le taux de change au moment de la signature des accords, en juin 2012) a été financé à 85% par EximBank China.

Le deuxième barrage réalisé dans la région du Sud, celui de Mekin (15 MW), a été confié à la China National Electric Engineering Corporation (CNEEC). Le barrage est achevé et la réception provisoire est attendue dans les prochaines semaines. Selon les chiffres officiels, le coût total du projet a été arrêté à 25,7 milliards de F CFA (environ 392 millions d’euros), financement fourni par Exim Bank of China (75%) et l’Etat du Cameroun (25%). Les fonds de la partie chinoise représentent un prêt concessionnel accordé au Cameroun sur 20 ans avec 04 ans de différé, à un taux d’intérêt de 2%.

Le projet de barrage de Bini à Warak (75 MW), dans la région de l’Adamaoua, prévue pour améliorer l’offre en énergie dans les régions septentrionales du Cameroun, a été attribué à Sinohydro. La signature de la convention de financement relative au projet de construction de cet ouvrage a eu lieu en juillet 2016. Le barrage pourrait être livré à l’horizon 2021-2022.

Également à l’actif d’entreprises chinoises: la centrale hydroélectrique de Lagdo (72 MW), construite sur le fleuve Bénoué, dans la région du Nord, par la China International Water and Electric Corp. La centrale, qui fournit l’électricité pour la partie septentrionnale du Cameroun, fut inaugurée le 29 novembre 1986 par Paul Biya. Aujourd’hui cependant, étant donné que ses équipements n’ont pas suivi l’évolution de la demande, la centrale de Lagdo ne fournirait plus que 30 MW sur les 72 prévus. Le gouvernement est toutefois déjà à la recherche des financements pour la réhabilitation de ce barrage.  

En dehors de l’hydroélectricité, mais toujours en ce qui concerne la production d’électricité, la firme chinoise Huawei technologies Co Ltd. exécute, pour le compte du ministère de l’Eau et de l’Energie, un programme d’électrification rurale par l’énergie solaire, qui vise à terme à électrifier 1000 localités non connectées au réseau. Les financements de ce programme sont fournis par Bank of China.

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