La pétrochimie, principal facteur de la croissance de la demande de pétrole devant les transports (AIE)




Dans un rapport publié vendredi, 05 octobre, l’Agence internationale de l’énergie souligne le rôle croissant de la pétrochimie, qui transforme le pétrole et le gaz en produits omniprésents dans le quotidien: plastique, engrais, vêtements, etc.

 

La pétrochimie est devenue le principal facteur derrière la croissance de la demande mondiale de pétrole, devant les voitures, les camions ou les avions. Elle représentera plus d’un tiers de cette croissance d’ici 2030 et presque la moitié d’ici 2050, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un rapport publié ce vendredi.

« Nos économies dépendent fortement des produits pétrochimiques mais le secteur fait l’objet de beaucoup moins d’attention que ce qu’il mérite », juge le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol.

L’utilisation des produits pétrochimiques, à commencer par le plastique, va continuer à progresser fortement et nécessiter des mesures pour limiter la pollution qu’ils engendrent, relève le rapport intitulé: « L’avenir de la pétrochimie. Vers des plastiques et des engrais plus durables » (The Future of Petrochemicals. Towards more sustainable plastics and fertilisers).

Dans son enquête, l’agence basée à Paris souligne le rôle croissant de la pétrochimie, qui transforme le pétrole et le gaz en produits omniprésents dans le quotidien: plastique, engrais, emballages, vêtements, détergents, etc. La demande de plastique a notamment explosé et dépassé celle des autres matériaux (comme l’acier, l’aluminium ou le ciment), doublant quasiment depuis le tournant du millénaire.

Les États-Unis, l’Europe et les autres économies avancées utilisent ainsi jusqu’à 20 fois plus de plastique et 10 fois plus d’engrais que des pays comme l’Inde ou l’Indonésie. Ce qui en « souligne l’énorme potentiel de croissance dans le monde », note l’AIE.

L’AIE estime qu’il s’agit de l’un des « angles morts » du débat sur l’énergie, avec d’autres sujets qu’elle a déjà abordés comme l’essor de la climatisation. « La production, l’utilisation, et l’élimination de ces produits soulèvent une série de défis en termes de soutenabilité, auxquels il faudra faire face », juge-t-elle.

Elle formule dix recommandations à la fois sur la production et sur l’utilisation ainsi que l’élimination de ces produits. Elle prône notamment la réduction des plastiques à usage unique, l’amélioration de la gestion des déchets ou encore une « extension de la responsabilité du producteur » avec par exemple des taxes qui pénalisent la faible recyclabilité des produits.

La quantité de plastique qui finit dans les océans chaque année pourrait ainsi être réduite considérablement et la quantité totale de plastique accumulée dans les mers être plus que divisée par deux d’ici 2050 par rapport à un scénario où la tendance actuelle se poursuivrait. Le stock de plastique en mer serait ainsi quasi-stabilisé à cet horizon, sans compter les initiatives éventuelles pour aller retirer les sacs et autres produits emballages à la dérive.

Côté production, l’AIE encourage aussi des réglementations pour limiter les émissions de CO2 ou encore l’établissement de normes plus strictes pour la qualité de l’air.

 

Futur petrochimie_Rapport AIE_04102018 comp
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