Le gouvernement britannique refuse d’assouplir la réglementation sur la prospection du gaz de schiste




Londres a écarté, le 07 février, une demande d’industriels d’assouplir la réglementation en matière de fracturation hydraulique

 

Le gouvernement britannique a écarté jeudi dernier, 07 février, une demande d’industriels d’assouplir la réglementation en matière de fracturation hydraulique, au moment où l’exploitation du gaz de schiste peine à démarrer dans le pays.

« Nous fixons les règles en consultation avec le secteur et n’avons pas pour projet de les revoir », a expliqué un porte-parole du ministère des Entreprises, de l’Énergie et de la Stratégie industrielle. Cette réponse sonne comme une fin de non recevoir aux demandes formulées par plusieurs industriels du secteur, qui jugent trop stricte la régulation concernant les secousses sismiques induites par la technique de fracturation hydraulique, utilisée pour extraire les hydrocarbures enfouis dans les sous-sols.

« Le gouvernement a apporté au secteur un soutien important pour se développer tout en respectant nos régulations qui sont les meilleures au monde, afin de garantir que la fracturation hydraulique soit conduite de façon sûre et responsable », a ajouté le porte-parole.

Cette réglementation prévoit entre autres de suspendre la fracturation temporairement, lorsqu’un tremblement de terre supérieur à 0,5 sur l’échelle de Richter intervient du fait des opérations de forage.

Plusieurs industriels du secteur jugent cette limite ridiculement faible et assurent que cette dernière pourrait être légèrement augmentée sans danger. Ils soulignent que de légères vibrations du sol sont inhérentes aux opérations industrielles nécessaires à l’extraction des hydrocarbures enfouis à des centaines de mètres de profondeur.

Lundi dernier, le groupe de chimie Ineos avait appelé le gouvernement à augmenter cette limite. Propriété du milliardaire britannique Jim Ratcliffe, ce géant qui possède des droits d’exploration dans le nord et le centre de l’Angleterre a rappelé que la limite aux Etats-Unis était fixée en général à 4 sur l’échelle de Richter.

Le 06 février, la société britannique Cuadrilla s’est plainte à son tour, en saisissant l’Autorité du pétrole et du gaz britannique (OGA). Cette société a conduit depuis octobre dernier une série d’opérations tests de fracturation hydraulique à Preston New Road (nord-ouest de l’Angleterre), une première au Royaume-Uni depuis 2011. Cuadrilla a néanmoins dû suspendre ses essais à plusieurs reprises du fait de légères secousses sismiques au moment des forages. Elle a souligné mercredi que son site recélait un riche réservoir de gaz de très bonne qualité, mais qu’elle ne pourrait l’exploiter de façon viable que si la réglementation était assouplie.

Aucun projet d’exploitation de gaz de schiste n’a commencé à produire au Royaume-Uni, du fait de la complexité des procédures d’autorisation et de la réticence, voire de l’hostilité, d’une partie des riverains.

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