Tchad: la révision de la raffinerie de Djarmaya entraîne une grave pénurie de gaz domestique dans la capitale




Avec la révision, commencée le 23 janvier et d’une durée prévue de 45 jours, les distributeurs ne reçoivent qu’une seule citerne par jour pour toute la ville de N’Djaména, contre six citernes en période normale

 

Les habitants de la capitale tchadienne N’Djaména subissent depuis plusieurs semaines une sévère pénurie de gaz domestique.

En cause, la révision des machines de la raffinerie de Djarmaya, seule source d’approvisionnement en gaz du pays, qui compte près de 15 millions d’habitants.

En temps normal, la centrale fournit à la ville de N’Djaména six citernes par jour, explique à l’AFP le président du syndicat des grossistes et vendeur de gaz au Tchad, Randa Bongo.

Mais depuis la révision, commencée le 23 janvier et d’une durée prévue de 45 jours, « on ne reçoit qu’une citerne pour toute la ville », détaille-t-il.

Alors depuis plusieurs semaines, devant les points de vente des distributeurs de butane, les files d’attente s’allongent.

En attendant que la centrale se remette à fonctionner à plein régime, dans les cours des maisons ou les cuisines des restaurants, on se débrouille autrement.

La raffinerie de Djarmaya détient le monopole du gaz dans le pays. Avant, le Tchad importait son gaz du Cameroun et du Nigeria.

« Les autorités auraient dû faire venir des citernes du Nigeria depuis janvier », estime M. Bongo.

La révision technique était programmée « depuis un an », selon un responsable de la China Petroleum Corporation (CNPC), la société chinoise qui détient 60% des parts de la raffinerie. Le reste de la raffinerie appartenant à l’Etat tchadien (40%).

« L’Etat n’a pas pris les dispositions pour éviter ce désagrément à la population », accuse le responsable.

Bois de chauffe

En 2018, le gouvernement tchadien a interdit l’usage du bois de chauffe, notamment responsable de la déforestation dans ce pays d’Afrique centrale où près de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le gouvernement a alors subventionné les bouteilles de gaz, faisant passer le prix d’une recharge de bombonne de 6 kg de 3 000 francs à 2 000 francs CFA (de 4,5 euros à 3 euros).

« Cette mesure a été très appréciée par la population tchadienne », indique Douda El Hadji Adam, le secrétaire général de l’association pour la Défense des droits des consommateurs.

Mais la demande a tellement augmenté que la seule raffinerie ne permet plus d’y répondre, estime-t-il. Selon lui, les problèmes d’approvisionnement remontent à novembre, « la révision n’a fait qu’accentuer un problème déjà existant ».

« Si cette pénurie perdure, on assistera à (…) une reprise incontrôlable de la consommation du bois et des charbons » au Tchad, s’inquiète de son côté l’Alliance des défenseurs des droits humains et de l’environnement, dans un communiqué.

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