Sénégal: les revenus des hydrocarbures ne serviront pas à augmenter les salaires (gouvernement)




D’après le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, les recettes tirées de l’exploitation des hydrocarbures du Sénégal serviront aux « dépenses d’investissement exclusives au bénéfice des populations ». Les premiers mètres cubes de gaz et barils de pétrole du pays d’Afrique de l’Ouest sont attendus courant 2023

 

Les recettes tirées de la future exploitation des hydrocarbures du Sénégal ne seront pas utilisées pour l’augmentation des salaires, a prévenu mardi 21 décembre le ministre des Finances et du Budget.

« Il sera interdit l’utilisation de ces ressources pour augmenter des salaires et des avantages personnels. Les revenus vont servir pour des dépenses d’investissement exclusives au bénéfice des populations », a déclaré Abdoulaye Daouda Diallo à l’issue de la tenue d’un conseil présidentiel sur le projet de loi régissant l’exploitation des hydrocarbures au Sénégal.

La réunion a eu lieu au Cicad de Diamniadio (Dakar) en présence des membres du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-Petrogaz), organe en charge de la gestion inclusive et transparente des ressources pétrolières et gazières du pays d’Afrique de l’Ouest.

« Le projet de loi comprend 23 articles répartis en cinq chapitres. Il est articulé autour de quatre points fondamentaux », a indiqué le ministre des Finances et du Budget, en procédant à la présentation du projet de loi.

« Il s’agit de l’interdiction de toute cession anticipée des ressources d’hydrocarbures, la budgétisation intégrale des revenus tirés de l’exploitation des hydrocarbures, la création d’un fonds intergénérationnel et la création d’un fonds de stabilisation », a détaillé le ministre, assurant que les recettes auront trois destinations majeures.

« Un maximum de 90% des recettes projetés va abonder le budget général de la loi de finances de chaque année. Un minimum de 10% sera destiné au fonds intergénérationnel », a-t-il présenté comme clé de partition, indiquant que le fonds de stabilisation doit pour sa part capter tout surplus entre les recettes prévisionnelles et les réalisations.

La tenue du conseil vise, selon le chef de l’Etat Macky Sall, à conforter la transparence dans la gestion des ressources gazières et pétrolières. « J’ai dit qu’avant d’adopter le projet de loi, il fallait réunir le Cos-Petrogaz dans sa composition complète pour enrichir davantage le texte avant de l’amener à l’Assemblée nationale pour sa validation », a expliqué le président sénégalais, soulignant que le projet de loi est en gestation depuis 3 ans.

« Dans une dynamique d’anticipation, tout ce processus a été mené en nous inspirant des meilleures pratiques de pays qui nous ont précédé dans ce terrain jusque-là inconnu pour le Sénégal. Nous avons voulu apprendre des succès et des erreurs tirées de ces expériences », a noté Macky Sall.

Potentiel

D’après Mamadou Faye, directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen), les ressources en gaz du Sénégal sont estimées à 1120 milliards de m3 pour quatre gisements dont l’un (Grand Tortue Ahmeyim avec une capacité de 560 milliards de m3) est en cogestion avec la Mauritanie.

Pour le pétrole, elles sont de 1 030 millions de barils sur quatre gisements en cours d’exploitation. Les premiers mètres cubes de gaz et barils de pétrole sont attendus courant 2023.

Des recettes de 700 milliards de francs CFA par an sont prévues à travers l’exploitation des ressources en pétrole et gaz du Sénégal, selon le ministre des Finances.

« Le pays va connaître à partir de 2024 une croissance de 10,3% », a indiqué le ministre Diallo, assurant que le gouvernement travaillera à faire croître le taux pour les années suivantes.

Le gouvernement compte aussi procéder à une augmentation de la part de l’Etat dans le capital de la Société africaine de raffinage (SAR) – de 46% à 49% – et utiliser les recettes des hydrocarbures pour l’accès universel à l’électricité.

Selon le président sénégalais, les recettes vont également accompagner les secteurs productifs tels que l’agriculture, l’élevage, l’éducation et la santé. L’objectif étant de permettre au pays d’Afrique de l’Ouest d’améliorer la diversification de son économie.

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