Les performances des régulateurs d’électricité dans 15 pays africains passées au crible (étude)




La Banque africaine de développement a publié en juin le tout premier Indice de réglementation du secteur de l’électricité en Afrique. Une démarche utile, selon elle, pour attirer les investisseurs dans le secteur de l’énergie sur le continent. Exhaustif

 

L’ouverture progressive des marchés nationaux de plusieurs pays africains, résultant de la libéralisation de l’économie dans plusieurs secteurs comme celui de l’énergie, doit être accompagnée par des instances de régulation “efficaces”, affirme la Banque africaine de développement (BAD) dans l’Indice 2018 de la réglementation du secteur de l’électricité en Afrique (Electricity Regulatory Index for Africa en anglais, ERI).

La BAD, à travers son New Deal pour l’énergie en Afrique, vise l’accès universel à l’électricité sur tout le continent d’ici 2025. “Atteindre cet objectif nécessite des investissements privés significatifs dans les actifs énergétiques. La clé pour la mobilisation de ce flux de financements est le développement d’une régulation solide, fondée sur la règle de droit et gérée avec efficacité et transparence”, souligne l’institution dans l’étude.

L’Autorité de régulation d’électricité de l’Ouganda (Electricity Regulatory Authority, ERA) apparaît dans l’étude comme la plus performante des instances de régulation évaluées dans 15 pays – sur les 54 du continent –  avec un score de 0,8271 (sur une échelle allant de 0,0000 à 1,0000). L’ERA est suivie par les régulateurs de Namibie, Tanzanie, Nigeria, Kenya. La Gambie ferme le classement (15e/15) avec un score de 0,4008.

Dans ses travaux, le complexe en charge de l’Électricité, de l’Énergie, du Changement climatique et de la Croissance verte à la BAD – auteur de la publication – a pris en compte six pays en Afrique de l’Ouest (Nigeria, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Gambie, Sénégal); un pays en Afrique centrale (Cameroun); cinq pays en Afrique australe (Afrique du Sud, Lesotho, Namibie, Zimbabwe, Malawi) et trois pays en Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya, Ouganda).

Dans chaque pays, des questionnaires étaient adressées aux agences de régulation et aux sociétés opérant dans le secteur public de la distribution d’électricité. Parmi les insuffisances relevées, les répondants ont indiqué que “les instances de régulation ont du mal à instaurer des tarifs qui reflètent les coûts”.

L’Indice, présentant les défis globaux de la régulation selon les standards internationaux et les contraintes dans chaque pays étudié, a été publié le 20 juin dernier à Maurice, à l’occasion de la 20e édition de l’Africa Energy Forum.

Classement des 15 pays évalués dans l’ERI 2018. Tableau extrait de la page 35 du rapport complet sur l’Electricity Regulatory Index for Africa 2018, BAD

Méthodologie

L’ERI est un indice composite formé de trois sous-indices. Le premier, Indice de la gouvernance de la réglementation (Regulatory Governance Index, RGI), est constitué de huit (08) indicateurs et aborde les aspects réglementaires qui fondent les activités du régulateur: mandat légal, clarté des rôles et des objectifs, transparence dans les décisions, indépendance, accès à l’information, prévisibilité des actions, etc.

Le second sous-indice, Indice du contenu de la réglementation (Regulatory Substance Index, RSI) compte quatre indicateurs: cadre des licences, réglementation économique, règlmentation des aspects techniques, qualité du service commercial de l’électricité.

Le troisième sous-indice enfin, centré sur les résultats de la réglementation (Regulatory Outcome Index, ROI), compte aussi quatre indicateurs; performance financière, qualité commerciale, qualité technique, accès à l’électricité.

Les pays présentant les plus faibles coûts d’achat de l’électricité et le meilleur accès à l’électricité ne sont pas forcément ceux qui ont été les mieux classés dans l’ERI, relève la BAD, étant donné que l’Indice aborde plusieurs paramètres.

Les notes obtenues par les régulateurs nationaux dans chacun des sous-indices ont été additionnées pour donner la note de l’Indice global sur un score allant de 0,0000 à 1,0000 : un score de 0,0000 à 0,2500 reflétant un “faible niveau de développement”; un score allant de 0,2501 à 0,5000 signifiant un “développement moyen”; une note de 0,5001 à 0,7500 reflétant un secteur “bien développé”; et un score compris entre 0,7501 et 1,0000 reflétant un “haut niveau de développement” du secteur.

La BAD promet d’affiner la méthodologie dans les prochaines éditions. Elle envisage par ailleurs d’élargir le nombre de pays étudiés et de faire de la publication “une production régulière avec de nouveaux résultats actualisés tous les ans”, pour arrimer les régulateurs africains “aux meilleures pratiques internationales”.  

Il est nécessaire de “s’assurer de la qualité de prestation des services fournis” et de fournir des “gages de transparence et de  prévisibilité” aux investisseurs qui veulent s’engager dans des projets de fourniture d’énergie, estiment les auteurs de l’ERI 2018.

Electricity_Regulatory_Index_2018
 Télécharger l'étude complète

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