Nigéria: le plus grand FPSO de Total, sur le champ Egina, va produire 200 000 barils de pétrole par jour




L’unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) sera transportée d’ici quelques mois au large du Delta du Niger, puis relié à 44 puits sous-marins, à 1 600 mètres de profondeur. Elle pourra stocker jusqu’à 2,3 millions de barils

 

Déjà amarré au port de Lagos, le gigantesque navire Egina – jeu de Légo géant de 220 000 tonnes, 330 mètres de long, 60 mètres de large et 33 mètres de hauteur – sera transporté d’ici quelques mois au large du Delta du Niger, puis relié à 44 puits sous-marins, à 1 600 mètres de profondeur.

Développée par le groupe français Total, cette unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), en finalisation de construction, produira bientôt 200 000 barils de pétrole par jour, soit 10% de la production nationale: un projet historique, pour le premier producteur de brut en Afrique.

Lancée en décembre 2014, la campagne de forage sur le champ pétrolier Egina, en offshore très profond, repose sur un système de production sous-marine connecté au FPSO.

Jusqu’à 2,3 millions de barils brut, directement filtrés et traités par les milliers de canalisations que comporte le vaisseau, pourront être stockés dans sa coque, avant de partir par cargo pour être raffinés à l’étranger.

Le coût global du projet s’élève à quelque 16 milliards de dollars (12,8 milliards d’euros), mais cet investissement est justifié, selon le directeur général pour le pays, Nicolas Terraz. « Le Nigeria c’est un pays très important pour Total, c’est un pays où nous sommes implantés depuis 60 ans », a-t-il expliqué à l’AFP.

« C’est le plus grand FPSO jamais construit par le groupe », d’après M. Terraz.

Si Egina marque l’histoire, ce n’est pas uniquement par sa taille et son coût: c’est le premier projet de grande ampleur à avoir été réalisé après le vote de la loi d’obligation de « contenu local », votée en 2010.

Plus de la moitié des acteurs impliqués dans sa construction sont Nigérians, et près de 75% des heures travaillées sur le projet effectuées sur place, à Port Harcourt ou à Lagos (l’autre partie ayant été commencée en Corée du Sud sur les chantiers Samsung). Environ 3 000 personnes ont déjà participé à la phase de construction à Lagos.

Ladol, société de services pétroliers qui accueille le vaisseau sur sa plate-forme portuaire, est 100% nigériane. Pour la PDG du groupe, Amy Jadesimi, l’arrivée d’Egina va « radicalement changer le paysage de l’industrie ».

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