Niger: nouveau report sur la livraison du barrage de Kandadji, le cap actuellement fixé à 2025




Avant la pandémie de Covid-19, la livraison du barrage multifonctions était prévue en 2023

 

Déjà maintes fois repoussée, d’abord à 2016 puis à 2023, la date de mise en eau du barrage de Kandadji est désormais fixée à 2025 selon les autorités, après de nouveaux retards dus à la pandémie de Covid-19.

D’abord confiés à la société russe Zaroubegevodstroï (ZVS), les travaux menés sur le fleuve Niger, dans l’extrême ouest du pays, sont désormais opérés par l’entreprise chinoise Gezhouba Group Company Limited.

Ce projet pharaonique de 740 milliards de francs CFA (1,1 milliard d’euros) avec une digue de 28 m de haut et 8,5 km de long aura une capacité de retenue de 1,5 milliard de mètres cubes. 50.000 personnes devront en outre être déplacées mais 7 000 ont déjà été relogées, assure l’Agence du barrage de Kandadji (ABK).

Situé à quelque 180 km en amont de Niamey, en pleine zone des « trois frontières » (aux confins du Niger, Mali et Burkina), le projet a pour l’instant été épargné par les attaques djihadistes qui endeuillent régulièrement la région.

« Nous allons accroître le nombre de soldats pour permettre » au chantier de tourner jour et nuit, a promis le président nigérien Mohamed Bazoum, qui a visité le site mi-septembre.

Le barrage va contribuer à la sécurité alimentaire du Niger car « il y aura 45 000 hectares de terres qui seront mises en valeur pour améliorer la production », explique Ousmane Danbadji, responsable du Rejea (Réseau des journalistes pour l’eau et l’Assainissement) et fin connaisseur du dossier.

Les projections estiment que 400 000 tonnes de riz, maïs et produits maraîchers seront produites en plus chaque année, selon l’Agence du barrage. Une aubaine dans un pays où 80% de la population vit d’une agriculture archaïque, dépendante des pluies.

L’aménagement lié à l’irrigation a vocation à améliorer les ressources en eau et les moyens de subsistance d’environ 330 000 habitants de la région.

Une centrale électrique de 130 mégawatts verra par ailleurs le jour à Kandadji et générera annuellement 629 GWh afin de permettre au Niger de s’affranchir de sa dépendance énergétique du Nigeria voisin. À peine 15% des plus de 20 millions des Nigériens ont le courant, selon la Société nigérienne d’électricité (Nigelec).

Le barrage régulera également le Niger (3e fleuve d’Afrique) qui traverse le pays sur 550 km et qui alterne entre baisse de son débit en raison de la pression démographique notamment et crues mortelles chaque année. Outre la Banque mondiale, la BAD, la Banque islamique de développement (BID) et l’Agence française de développement (AFD) financent également Kandadji.

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