Libye: la force paramilitaire qui tient les terminaux pétroliers de l’est ne veut plus les remettre à la NOC de Tripoli




L’«Armée nationale libyenne» (ANL), force paramilitaire dirigée par le maréchal Haftar, a annoncé lundi, 25 juin, que les installations pétrolières sous contrôle de ses forces seraient désormais gérées par des autorités basées dans l’Est du pays et hostiles au gouvernement reconnu par la communauté internationale. « Illégal » selon Tripoli

 

Le maréchal Khalifa Haftar a annoncé lundi que les installations pétrolières sous contrôle de ses forces en Libye seraient désormais gérées par les autorités parallèles, basées dans l’Est du pays et hostiles au gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Déchirée par des luttes de pouvoir et minée par une insécurité chronique, la Libye est dirigée par des autorités rivales: le Gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et un cabinet parallèle installé dans l’Est et soutenu par l’«Armée nationale libyenne» (ANL), force paramilitaire dirigée par le maréchal Haftar, homme fort de l’Est du pays.

Chacun dispose de sa banque centrale, sa «compagnie nationale» de pétrole (NOC) et de son agence de presse officielle.

«Toutes les installations pétrolières sécurisées par l’ANL sont remises à la Compagnie nationale de pétrole issue du gouvernement provisoire (de l’Est) et présidée par Faraj al-Hassi», a déclaré le général Ahmed al-Mesmari qui lisait une décision du maréchal Haftar.

L’ANL contrôle notamment les quatre terminaux pétroliers du Croissant pétrolier (nord-est), en plus du port de Hariga à Tobrouk, près de la frontière égyptienne, par lesquels l’essentiel du pétrole libyen est acheminé vers l’étranger.

M. Mesmari, porte-parole de l’ANL, a précisé par ailleurs que les revenus du pétrole seraient désormais gérés par le gouvernement parallèle basé dans l’Est.

«Aucun pétrolier ne sera autorisé à accoster dans les ports de l’Est sans la permission de la NOC» basée à Benghazi, a-t-il dit.

M. Mesmari n’a pas précisé si les autorités de l’Est avaient trouvé des acheteurs potentiels.

Selon M. Mesmari, les «groupes armés rivaux sont financés par les revenus du pétrole». Il fait allusion aux forces d’Ibrahim Jadhran qui ont attaqué le 14 juin les terminaux de Ras Lanouf et d’al-Sedra.

Ces deux principaux sites pétroliers du nord-est libyen ont été reconquis la semaine dernière par les forces du maréchal Haftar.

M. Jadhran commandait les Gardes des installations pétrolières (GIP) chargés de la sécurité du Croissant pétrolier. Il avait réussi à bloquer les exportations de pétrole de cette région pendant deux ans avant d’en être chassé en 2016 par l’ANL.

Le maréchal Haftar avait remis en 2016 la gestion de ces installations à la NOC basée à Tripoli, après des efforts pour l’unification des deux compagnies.

Jusqu’ici, les installations pétrolières étaient gérées par la NOC basée à Tripoli, dépendante du GNA et présidée par Mustafa Sanallah qui a représenté la Libye la semaine dernière à la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Ce mardi 26 juin, la compagnie nationale de pétrole (NOC) basée à Tripoli a fustigé la décision de l’homme fort de l’est libyen de remettre les principaux terminaux pétroliers du pays aux autorités parallèles, affirmant que toute exportation de leur part serait « illégale ».

« Les exportations par des institutions parallèles sont illégales et échoueront comme elles ont échoué par le passé », a clamé dans un communiqué Mustafa Sanallah, le patron de la NOC, en réaction à la décision du maréchal Haftar.

«En avril 2016, la Cyrénaïque (région Est) avait tenté de court-circuiter Tripoli et vendre 300.000 barils indépendamment… en vain. Le représentant libyen à l’ONU et le Conseil de sécurité avaient fait stopper le cargo», rappelle Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye

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