Les Etats pourraient engranger 2 800 milliards de dollars de recettes par an en supprimant les subventions aux énergies fossiles d’ici 2025 (rapport)




Recommandation émise par la Commission mondiale sur l’économie et le climat dans un rapport publié le 05 septembre 2018

 

La lutte contre le changement climatique sera source de croissance et créatrice de richesses, plaide un rapport d’experts internationaux publié le 05 septembre, qui veut, en évaluant les gains potentiels, convaincre les Etats et les entreprises de s’engager plus activement.

Les bénéfices d’un changement de modèle pourraient représenter 26 000 milliards de dollars de gains économiques supplémentaires d’ici à 2030, et générer 65 millions d’emplois en plus par rapport à la tendance actuelle, affirme le rapport 2018 de la Commission mondiale sur l’économie et le climat (The Global Commission on the Economy and Climate) intitulé: « Développer un nouveau modèle de croissance inclusive pour le XXIe siècle. Accélérer l’action climatique dans un contexte d’urgence. »

Les Etats pourraient également engranger 2 800 milliards de dollars de recettes par an en 2030 (soit le PIB actuel de l’Inde) en supprimant les subventions aux énergies fossiles d’ici à 2025 et en mettant en place un prix du carbone efficace, entre 40 et 80 dollars la tonne en 2020, alors qu’il est beaucoup plus faible actuellement dans les différents mécanismes mis en place ou envisagés par 70 Etats ou juridictions.

Mais « le rythme de ces transformations n’est pas assez soutenu » par rapport à l’enjeu, estiment les auteurs de l’étude, dans la lignée du discours de nombreux scientifiques.

« Nous sommes à un moment charnière décisif. Les responsables politiques devraient lever le pied du frein et donner un signal clair », affirme l’ancienne ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala, co-présidente de la Commission mondiale sur l’économie et le climat, aux côtés du PDG d’Unilever Paul Polman et de l’ancien vice-président de la Banque mondiale Nicholas Stern.

Le rapport défend notamment une accélération des investissements dans les infrastructures durables (réseau d’énergie, de transports, d’eau, bâtiments). A ce titre, les banques multilatérales et de développement doivent multiplier par deux leurs investissements, à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020.

Enfin, les entreprises privées doivent aligner leurs stratégie avec l’impératif climatique et être encore plus encouragées à innover en faveur du climat, à l’image du soutien public qui a permis l’essor des énergies renouvelables ces dernières années, préconise l’institution créée en 2013 et soutenue par d’anciens dirigeants politiques, des chefs d’entreprises ou encore des économistes.

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