Cameroun: sinistrée, la Sonara aurait aimé assurer “toute l’activité” d’importation des produits pétroliers

Cette mesure, ou la gestion de 80% du trading des produits pétroliers pour la demande nationale, a été mise en avant pour maintenir à flot l’unique raffinerie du Cameroun à l’arrêt depuis le 31 mai 2019

 

 

Avec une production à l’arrêt depuis le 31 mai 2019, date de survenue d’un incendie dans ses installations, la Société nationale de raffinage (Sonara) aurait bien accueilli “l’attribution de toute l’activité de trading des produits pétroliers” au Cameroun, a appris Energies Media auprès du ministère camerounais des Finances.

A défaut d’avoir la totalité, “l’octroi des autorisations d’importation à hauteur de 80% de la demande nationale” a été suggérée, selon un document de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), structure sous tutelle du ministère camerounais des Finances.

Objectif d’une telle mesure: “garantir [à la Sonara] une activité lui permettant de respecter ses engagements d’une part, de rassurer ses partenaires financiers d’autre part, et enfin permettre à l’Etat de respecter ses engagements dans le cadre du Programme économique et financier appuyé par la Facilité élargie de crédit” du FMI, relève ce document consulté par Energies Media.

Avant l’incendie du 31 mai 2019, la Sonara, située à Limbé (Sud-Ouest), à travers le brut léger qu’elle achetait/importait et raffinait, permettait d’approvisionner le marché national camerounais et régional dans divers produits pétroliers.

Le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee) a mis en concurrence des traders pour l’importation des produits pétroliers au Cameroun au second trimestre 2020 et au quatrième trimestre

Sollicité par Energies Media depuis une semaine pour savoir ce que représentent les quantités éventuelles attribuées à la Sonara, le Minee n’a pas réagi. 

L’unique raffinerie du Cameroun est actuellement en arrêt de production. Elle attend, de la part du gouvernement, l’élaboration d’un “plan de réhabilitation et/ou de reconstruction”. Avant l’incendie, elle faisait déjà face à un important déséquilibre financier et d’exploitation. Le Fonds monétaire international (FMI) l’a notamment présentée comme l’entreprise publique la plus endettée au Cameroun, “insolvable dans son modèle actuel”.

Glencore, un des fournisseurs de la Sonara en pétrole brut, a attaqué la société devant les tribunaux britanniques récemment (juin 2020) pour plus de 14,7 millions d’euros, représentant le principal et les intérêts dus pour la livraison d’un peu plus de 1,6 million de barils de pétrole brut entre novembre 2012 et janvier 2015.

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