Cameroun: des industriels prêts à augmenter leurs capacités de production avec une garantie sur l’offre d’électricité




Attentes exprimées auprès de la société en charge de la distribution de l’électricité. Espoirs sur le barrage hydroélectrique de Nachtigal

 

Les besoins en énergie électrique des clients industriels, enregistrés par Eneo, représentaient, à la fin de l’année dernière, plus de 200 mégawatts, selon les données publiées dans le rapport annuel 2020 de la société concessionnaire du service public de la distribution d’électricité au Cameroun. 

Ces besoins sont essentiellement recensés dans les domaines de l’aciérie et de la cimenterie, explique Eneo dans le rapport rendu public le 22 octobre dernier.

Plusieurs clients industriels souhaiteraient avoir des garanties sur la disponibilité de leurs besoins en puissance, pour augmenter la capacité de production de leurs usines.

“Actuellement dans notre pool, nous prenons 13 MW […] Nous voulons beaucoup plus d’énergie. Nous avons beaucoup de projets. Un projet de 5 MW à Ngaoundéré. Eneo nous fait savoir qu’ils n’ont pas assez d’énergie dans le grand Nord […] Nous avons un autre projet à Bonaberi de 10 MW. En fait, nous créons des entreprises en fonction de la disponibilité. Si on nous garantit aujourd’hui que nous pouvons avoir 20, 30 MW supplémentaires à Douala, je vous assure que nous monterons une unité qui va consommer 20-30 MW”, défend le directeur général adjoint de la société de métallurgie Prometal, Hussein Kleit, cité dans le rapport.

Position presque similaire dans le document, de la part du cimentier Mira, qui a débuté ses activités au Cameroun en 2018. “Aujourd’hui nous prenons 4 mégawatts. Nous avons besoin de 8 mégawatts dans quelques mois à Douala; et au Nord on aura besoin de 9 mégawatts”, affirme le président de la cimenterie, M. Hassan.

En 2020, Eneo a réalisé de nouveaux raccordements pour des industriels, pour une puissance installée totale de 16 MW. Son plus gros client, la Compagnie camerounaise de l’Aluminium (Alucam), a toutefois reçu au cours de l’exercice une puissance de 130 MW contre 190 MW habituellement. Tendance à la baisse de consommation aussi pour la Société nationale de raffinage (Sonara), dont la puissance est passée de 10 MW à 1,5 MW depuis l’incendie qui a ravagé certaines de ses unités de production le 31 mai 2019.

D’après le distributeur de l’électricité, à fin 2020 la capacité installée du Cameroun représentait officiellement 1 529 MW, Eneo Cameroon assurant 1 012 MW, le reste étant fourni par les producteurs indépendants; avec une couverture de la demande à 98,54%.

La société, tout comme les industriels, ont de fortes attentes sur les projets en cours de développement pour augmenter l’offre en énergie, à l’instar du barrage de Nachtigal (420 MW), dont la livraison est actuellement fixée à mars 2024.

“Avec Eneo on a déjà un important parc au niveau des grands comptes pour les stations-service et quelques habitations. Mais il y a un projet important qui est celui du minerai de fer, pour lequel nous allons solliciter un minimum de 50 MW et un maximum de 100 MW dans un avenir très proche, on va dire au plus tard en 2023. Nous avons eu plusieurs échanges avec les équipes techniques et commerciales, et nous sommes rassurés. Eux aussi, visiblement, ils attendent qu’au niveau de la production les choses démarrent, notamment le barrage de Nachtigal et éventuellement d’autres barrages pour renforcer la disponibilité de l’énergie électrique, surtout dans les zones industrielles”, note un responsable de Bocom Petroleum cité dans le rapport annuel 2020 d’Eneo.

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