Cameroun : la Sonara a la visibilité sur le règlement d’un peu plus d’un tiers de sa dette




C’est à la faveur de la convention conclue avec les institutions financières pour le volet de la dette bancaire de l’entreprise publique

 

Le ministre des Finances du Cameroun a présidé, le 15 octobre dernier à Yaoundé, la cérémonie de signature de la convention de restructuration et de remboursement de la dette bancaire de la Société nationale de raffinage (Sonara).

Victime d’un incendie qui a ravagé certaines ses unités de production le 31 mai 2019, l’unique raffinerie du Cameroun s’est retrouvée depuis lors dans l’impossibilité d’honorer ses engagements à temps convenu envers ses créanciers; étant donné l’arrêt de l’activité de raffinage.

Entreprise publique la plus endettée du Cameroun, la dette bancaire de la Sonara s’élevait à 284 milliards de F CFA (sur un total de 717 milliards de F CFA) au lendemain de la survenue du drame, selon les chiffres présentés au cours de la cérémonie. 

La convention de restructuration de la dette bancaire a permis de rééchelonner les dettes échues et impayées à long terme à des “conditions financières plus favorables”. Cette dette est désormais fixée à 261,433 milliards de F CFA (399 millions d’euros), remboursable sur 10 ans à un taux d’intérêt de 5,5%. Grâce à cette entente, la Sonara pourra accéder à des crédits bancaires pour couvrir ses besoins liés à l’importation des produits pétroliers, activité principale qu’elle mène actuellement.  

La convention a été signée au profit d’un pool de neuf banques (UBA Cameroon, BGFI Bank, Afriland First Bank, Ecobank, Société Générale Cameroun, Standard Chartered Bank, CCA-Bank, Bicec et CBC) à qui la Sonara versera des paiements mensuels sur la période, jusqu’à l’apurement de sa dette. 

La restructuration de la dette bancaire de la Sonara a été pilotée par le ministère des Finances via la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques et des établissements publics (CTR).

Les discussions menées avec les banques sur une période de 10 mois ont abouti grâce à une garantie de l’Etat du Cameroun qui s’est engagé comme garant de la dette de la Sonara et aussi la présentation du compte de soutien à la raffinerie, ouvert à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Le compte héberge les ressources de la ligne de soutien de 47,88 F CFA (0,073 euro) introduite en 2020 dans la structure des prix des produits pétroliers au Cameroun pour soutenir la Sonara. C’est grâce à cette ligne de soutien que la Sonara espère assainir ses relations avec ses partenaires financiers et ses fournisseurs, et envisager son processus de réhabilitation.

Une fois un compromis trouvé sur la dette bancaire, il reste encore à résoudre le problème de la dette envers les fournisseurs d’hydrocarbures et produits raffinés (312 milliards de F CFA) et la dette fiscale (172,9 milliards de F CFA à fin juillet 2021 selon les données du ministère des Finances).

Pour le cas de la dette de la Sonara envers les traders, une convention de restructuration devrait être signée “dans les jours à venir”, a assuré le président de la CTR, Martial Valery Zang; les travaux techniques étant déjà “finalisés”.

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