Susciter un “développement industriel rapide” en Afrique pour absorber la masse des chercheurs d’emploi (PEA 2018)




L’insuffisance du stock d’infrastructures de production électrique, hydraulique et de transports affecte le rythme du développement industriel sur le continent, d’après les “Perspectives économiques en Afrique 2018”. Détail

 

En  Afrique, 70% de la population a moins de 30 ans ; et plus de 80% de la population active est  sans-emploi ou engagée dans des activités informelles de subsistance, mentionnent les économistes de la Banque africaine de développement (BAD) dans l’édition 2018 des Perspectives économiques en Afrique”.

“À moins qu’un développement industriel rapide et soutenu n’ait lieu à travers le continent, le chômage et le sous-emploi devraient s’aggraver, incitant les travailleurs à migrer vers d’autres régions du monde, et particulièrement vers l’Europe”, écrivent ces derniers dans ce rapport annuel publié le 17 janvier 2018 au siège de la BAD, à Abidjan (Côte d’Ivoire).

La population active de l’Afrique devait passer de 620 millions en 2013 à près de 2 milliards en 2063.

“Les projets d’infrastructure sont parmi les investissements les plus profitables qu’une société puisse effectuer”, estime Akinwusi A. Adesina, président du groupe de la Banque africaine de développement.

Les besoins d’infrastructure de l’Afrique se chiffrent entre 130 et 170 milliards de dollars EU par an. Le manque de financement dans les infrastructures sur le continent, selon les données de la BAD, pourrait atteindre 108 milliards de dollars. 

“Le retard industriel du continent s’explique principalement par l’insuffisance du stock d’infrastructures de production électrique, hydraulique et de transports – lesquelles permettraient aux entreprises de prospérer dans ces industries aux forts avantages comparatifs”, décrit le rapport.

Le déficit d’infrastructures s’exprime aussi en matière de santé, d’éducation, de capacité administrative et de sécurité.

Le total des engagements en faveur des infrastructures en Afrique, toutes sources confondues, était de 62,5 milliards de dollars US en 2016; en baisse de 21% par rapport à 2015 (78,9 milliards de dollars).

Tendances des sources de financement extérieur pour les infrastructures en Afrique, pour l’année 2016 © PEA 2018

Sur ce montant, les transports ont recueilli la plus grande part (24,5 milliards de dollars), suivis par les investissements dans le domaine de l’accès à l’eau et assainissement (10,5 milliards de dollars), l’énergie (20 milliards de dollars), les TIC (1,6 milliard de dollars), des projets multisectoriels (2,6 milliards de dollars) et d’autres/non alloués pour 3,2 milliards de dollars.

En terme de pourcentages liés à l’allocation régionale des ressources, en 2016, l’Afrique du Nord vient en tête avec 20,7%; suivie de l’Afrique de l’Ouest (26,1%), l’Afrique centrale (10,1%), l’Afrique de l’est (21%), l’Afrique australe hors Afrique du Sud (10,4%), l’Afrique du Sud (9,4%) et le reste (2,3%) pour des projets panafricains.

La publication de la BAD renseigne, toujours sur l’exercice 2016, que les gouvernements africains ont été les principaux contributeurs au financement des infrastructures sur le continent en apportant 26,3% des fonds. Les bailleurs de fonds membres du Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA) ont apporté 18,6% des fonds; les banques multilatérales et bilatérales de développement 3,1%, la Chine (6,4%), les pays arabes (5,5%) et le secteur privé (2,6%).

Les “Perspectives économiques de l’Afrique” ont été publiés cette année sur le thème: “Evolutions macroéconomiques et changements structurels. Les infrastructures et leur financement”.  

Réalisé par des économistes de la BAD, le rapport fournit des prévisions à court et moyen terme sur l’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques pour les 54 pays du continent; et livre des analyses sur les défis socio-économiques de l’Afrique.

African_Economic_Outlook_2018_-_FR
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