La BAD révise les besoins annuels de l’Afrique en infrastructures, en prenant en compte les projets pour un accès universel à l’électricité




Initialement établis à 93 milliards de dollars dans un diagnostic posé en 2006, les besoins seraient plutôt compris entre 130 et 170 milliards de dollars US par an; selon une nouvelle évaluation faite par la Banque africaine de développement

 

Pour résorber son déficit d’infrastructures, l’Afrique a besoin de mobiliser des ressources comprises entre 130 et 170 milliards de dollars par an; indique le rapport sur les “Perspectives économiques en Afrique 2018”, une publication de la Banque africaine de développement (BAD).

Selon les nouvelles estimations de la Banque, le déficit de financement est de l’ordre de 68 à 108 milliards de dollars en tenant compte des engagements enregistrés sur certains exercices, à l’instar de l’année 2016 où ces engagements étaient évalués à 62,5 milliards de dollars US.

“Avant la nouvelle estimation par la BAD des besoins d’infrastructure de l’Afrique, le chiffre le plus souvent cité sur les besoins d’infrastructure de l’Afrique était de 93 milliards de dollars, selon le diagnostic des infrastructures nationales en Afrique (Africa Infrastructure Country Diagnostic, AICD, NDLR) de 2006”, soulignent les économistes de la BAD.

Cette évaluation initiale prenait en compte un certain nombre de projets dans les domaines de l’accès à l’électricité, l’eau et l’assainissement, le commerce transfrontalier, les transports et les TIC.

Dans le domaine de l’accès à l’électricité par exemple, les objectifs fixés en 2006 étaient les suivants: développer chaque année 7000 mégawatts supplémentaires de nouvelles capacités de production d’électricité; favoriser le commerce régional de l’électricité en installant 22 000 mégawatts de lignes de transport transfrontalières; accroître les taux d’électrification des ménages de 10 points de pourcentage.

“Mais cette estimation des coûts totaux d’investissement n’était pas destinée à mettre l’Afrique sur la voie de l’accès universel à l’électricité ou à l’eau et l’assainissement. Il s’agissait du meilleur moyen de réduire le fossé entre l’Afrique et les pays développés. À l’époque, le taux d’accès à l’électricité en Afrique était estimé à environ 40% contre 75% pour les pays développés. Avec le New Deal pour l’énergie de la BAD (et les High 5), l’Afrique serait sur la voie de l’accès universel. Pour y parvenir dans un délai plus court (moins de 10 ans) que celui prévu, les moyens financiers excéderont les 93 milliards de dollars initialement estimé”, expliquent les auteurs du rapport.

Il est cependant à noter qu’il existe une hétérogénéité dans les zones nécessitant des investissements dans le domaine de l’accès à l’énergie. D’après les données de la BAD, le taux d’accès à l’électricité en Afrique du Nord, en 2014, se situait à 98% contre 26% en Afrique de l’Est.  

Des disparités existent aussi entre les zones rurales et urbaines. “En 2014, suivant les statistiques présentées dans l’étude, l’accès moyen à l’électricité à travers l’Afrique était d’environ 72% dans les zones urbaines, soit plus du double des 33% enregistrés dans l’Afrique rurale. La plus grande différence se trouve en Afrique de l’Est, où l’accès à l’électricité en milieu urbain atteint environ 73%, un taux près de sept fois plus important que celui de l’accès à l’électricité dans les zones rurales, qui s’élève à 11%”.

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