Maroc: les profits générés par des entreprises suite à la libéralisation des prix des carburants dénoncés dans un rapport parlementaire




Le rapport présenté mardi en commission parlementaire a suscité des salves de réactions indignées sur les marges à la pompe – entre 1,2 et 1,5 milliard d’euros de surgain depuis 2015 selon les estimations. Le « plafonnement des prix » envisagé par le gouvernement

 

Le gouvernement marocain a promis jeudi, 17 mai, de prendre des mesures concernant les prix des carburants, après la publication d’un rapport parlementaire mettant en lumière les effets de la libéralisation des prix sur le pouvoir d’achat.

Attendu depuis plusieurs mois, ce rapport a été accéléré par une mystérieuse campagne de boycott menée depuis près d’un mois sur les réseaux sociaux contre les stations-service Afriquia, l’eau Sidi Ali et le lait Danone, tous leaders dans leurs secteurs d’activité au Maroc.

« Nous sommes conscients des problèmes causés par la libéralisation des prix de carburant (depuis 2015), nous envisageons des solutions prochainement qui tiennent compte du pouvoir d’achat des citoyens », a affirmé dans un communiqué le Premier ministre Saad Eddine El Othmani, sans donner plus de détails.

Le ministre des Affaires générales, Lahcen Daouden, a dit à l’AFP que la solution envisagée serait un « plafonnement des prix des carburants ».

Le rapport présenté mardi en commission parlementaire a suscité des salves de réactions indignées sur les marges à la pompe – entre 13 et 17 milliards de dirhams de surgain depuis 2015 selon les estimations (environ 1,2 et 1,5 milliard d’euros).

« Des bénéfices immoraux », titrait jeudi la Une du quotidien Akhbar Al-Yaoum.

« Scandale… une société de carburants a multiplié ses bénéfices par 1 000 après la libéralisation » des prix, fustigeait le journal Al Massae.

Pour l’hebdomadaire TelQuel, le montant « payé en trop par les Marocains donne le vertige », et « appelle, surtout, à ce que des responsabilités politiques soient déterminées ».

Particulièrement visée, la société Afriquia n’a pas réagi, tandis que son patron, le milliardaire et homme politique Aziz Akhannouch, par ailleurs ministre de l’Agriculture depuis 2007, s’est fait très discret ces derniers jours.

Au-delà du débat sur le carburant, la campagne de boycott a suscité d’innombrables réactions politiques, des rumeurs de remaniement ministériel, des débats sur le faible pouvoir d’achat des Marocains, voire sur le « mélange entre affaires et politique ».

Les effets du boycott sont visibles dans les cafés, les commerces et dans les stations essences désertées, mais les entreprises n’ont donné aucun chiffre.

 

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