Après la résolution du litige frontalier entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, Tullow Oil voit grand dans les champs TEN




L’objectif de l’opérateur est de passer de 50.000 à 80.000 barils de pétrole par jour au Ghana, dans ces champs grâce à la mise en service de nouveaux puits d’ici deux ans

 

La production pétrolière à grande échelle au Ghana, depuis 2010, après la découverte de gisements offshore considérés comme les plus importants en Afrique de l’Ouest, a marqué un tournant dans le pays. Cette production pétrolière a donné un regain de croissance, propulsant le pays anglophone au rang d’économie émergente, et a éveillé l’intérêt des investisseurs étrangers.

Mais l’exploration pétrolière a subi un coup d’arrêt il y a trois ans, quand la Côte d’Ivoire a accusé le Ghana de mener des forages offshore empiétant sur ses eaux territoriales.

Après d’infructueuses négociations, l’affaire a aterri devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), qui a finalement tranché en septembre 2017: « le Ghana n’a pas violé » la souveraineté ivoirienne.

Selon l’opérateur Tullow Oil, la production de ses champs Tweneboa, Enyenra et Ntomme (TEN) – situés à la frontière entre les deux pays – est actuellement d’environ 50.000 barils par jour et se maintiendra jusqu’à la fin de l’année.

L’objectif est d’atteindre 80.000 barils par jour grâce à la mise en service de nouveaux puits d’ici deux ans. Les champs TEN font partie du bassin de Tano qui abrite des réserves estimées à 3 à 4 milliards de barils.

D’après l’économiste Theo Acheampong, au prix actuel de 55 dollars le baril, les champs opérés par Tullow dans le bassin du Tano pourraient rapporter jusqu’à 165 milliards de dollars.

« C’est vraiment ce qui était en jeu dans cette décision » du tribunal maritime, a déclaré M. Acheampong, du cabinet IHS Markit basé à Londres.

Et dans cette zone du golfe de Guinée réputée riche en gaz et en pétrole, il y a encore probablement davantage à découvrir, selon lui.

Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, a déclaré le mois dernier que la décision du tribunal avait ouvert des « possibilités de développement, de progrès et de prospérité ».

Depuis sept ans, quelque 3,5 milliards de dollars ont permis, selon les chiffres officiels, de financer des projets de développement, de nouvelles routes et des hôpitaux, comme le veut la loi ghanéenne, qui oblige à réinvestir une part des revenus de l’or noir dans des secteurs prioritaires.

La Côte d’Ivoire s’est de son côté engagée « à respecter la décision » du tribunal de la mer et à « collaborer pleinement pour sa mise en oeuvre », dans un communiqué signé conjointement avec le Ghana en septembre.

 

 

 

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