Cameroun: les travaux de construction de l’usine de pied de Lom Pangar (30 MW) démarrent effectivement




Lancés solennellement par le ministre de l’Eau et de l’Energie le 20 septembre 2018, les travaux devraient durer 32 mois pour une mise en service de l’usine vers mai 2021

 

Le ministre de l’Eau et de l’Energie du Cameroun (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a présidé jeudi, 20 septembre, la “cérémonie de lancement des travaux de construction de l’usine de pied de Lom Pangar”.

Théodore Nsangou, directeur général de la société publique Electricity Development Corporation (EDC) – maître d’ouvrage du projet – était présent à la cérémonie, aux côtés d’autorités administratives, élites et autorités traditionnelles de la région de l’Est, et des partenaires techniques et financiers de l’initiative.

L’événement a été organisé sur le site du Projet hydroélectrique de Lom Pangar, à environ 120 km au nord de la ville de Bertoua (chef-lieu de la région de l’Est), non loin du village Deng-Deng, dans le département du Lom-et-Djérem.

L’usine, d’une capacité de 30 MW, sera équipée de quatre turbines Kaplan chacune d’une puissance de 7,5 MW.

D’après l’échéancier présenté par le ministre de l’Energie, la mise en service du poste évacuateur devrait avoir lieu dans environ 24 mois (septembre 2020), la première turbine livrée dans 26 mois (novembre 2020), et la quatrième dans environ 32 mois (vers avril-mai 2021).

L’usine ainsi que le poste de départ seront construits par l’entreprise China Camc Engineering Co (CAMCE). L’énergie de la centrale sera acheminée dans le chef-lieu de la région de l’Est par une ligne haute tension de 90 kilovolts (kV) de 105 à 120 kilomètres de long, ainsi qu’un poste de transformation 90/30 kV prévu à Bertoua. Ces infrastructures seront construites par le groupe français Cegelec.

Le lancement des travaux de l’usine de pied survient plus d’un an après la pose de la première pierre de la centrale (juillet 2017) et la mise en service du barrage de retenue (réceptionné en juin 2017).

Le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba (centre) et le DG de EDC, Théodore Nsangou (à sa droite) le 20 septembre 2018 sur le site du barrage de Lom Pangar (Est – Cameroun) © Energies-media.com

Appui de la BAD

Le Projet hydroélectrique de Lom Pangar dans son ensemble comporte trois principales composantes: un barrage de retenue permettant de réguler le débit du fleuve Sanaga et d’améliorer la production des centrales hydroélectriques situées à l’aval du fleuve; une centrale hydroélectrique de 30 MW et les ouvrages associés dont une ligne de transport d’électricité 90 kV et un poste HT/MT localisé dans le chef-lieu de la région de l’est (phase actuelle). La troisième composante a trait à des mesures environnementales et sociales prévues dans le projet.

L’usine au pied du barrage est “financée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) à hauteur de 30 milliards de F CFA pour l’usine et 9 milliards F CFA pour la ligne HT de 90 kV”, rappelle EDC dans une note d’information transmise à Energies Media.


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Au cours de la cérémonie du 20 septembre, Gaston Eloundou Essomba a indiqué que le président de la République du Cameroun a autorisé le “déblocage d’un montant de 4 milliards F CFA [environ 6,1 millions d’euros, NDLR] représentant l’avance de démarrage des travaux de l’usine de pied”. Les fonds débloqués correspondent à “la contrepartie de l’Etat du Cameroun” comme exigé par les bailleurs de fonds, avons-nous appris auprès de EDC.

Les financements sont “déjà mobilisés par le gouvernement avec l’appui de la BAD” a poursuivi le ministre de l’Eau et de l’Energie. A ce jour, “tous les obstacles sont levés […] pour un démarrage immédiat des travaux et leur poursuite jusqu’à la mise en service complète de l’usine de pied, prévue dans 32 mois”, a-t-il ajouté.

Le démarrage de la production de la centrale permettra de remplacer les centrales thermiques qui alimentent la région de l’Est en électricité et dont la production est “trop onéreuse”, selon le gouvernement camerounais.

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