Principales tendances d’accès à l’électricité dans les Pays les moins avancés en 2017




Le point établi par le rapport 2017 de la Cnuced sur l’offre, la demande et les opportunités

 

La Cnuced a rendu public le 22 novembre à Genève (suisse) son rapport annuel sur les Pays les moins avancés (PMA), en examinant la problématique de l’accès à l’énergie dans ces pays, au nombre de 47 en 2017 dont 33 sur le continent africain. 

“L’accès à l’énergie joue un rôle critique dans la transformation structurelle durable et inclusive qui est indispensable à l’éradication de la pauvreté et à la réalisation des Objectifs de développement durable”, relève la Cnuced dans son rapport 2017 sur les PMA.

Le rapport note ainsi une “négligence du rôle économique de l’énergie”.

Les entreprises implantées dans les PMA paient le prix de la faiblesse des institutions et des infrastructures de production/distribution de l’électricité. Selon les statistiques de la Cnuced, 42% des entreprises interrogées dans les PMA identifient l’accès à l’électricité comme une “contrainte majeure”; ¾ d’entre elles disent subir au moins 10 coupures d’électricité par mois, chacune durant plus de cinq heures. Ce qui occasionne une perte équivalente à 7% de leur chiffre d’affaires total.

Le coût d’accès à l’électricité pour ces entreprises est par ailleurs en moyenne deux fois plus élevé que dans d’autres pays.

Sur un plan général, de nombreux PMA ont un taux d’accès urbain inférieur à 80%, un taux d’accès général inférieur à 50%, un taux d’accès en zones rurales inférieur à 20% avec un gap urbain-rural compris entre 20 et 60%.

Il existe cependant quelques différences en prenant en considération certains pays, même si on constate des tendances générales pour l’essentiel. Le taux d’accès à l’électricité est par exemple de moins de 05% au Soudan du Sud tandis qu’il est quasiment de 100% au Bhoutan ou supérieur à 80% au Népal.

Taux d’accès à l’électricité dans les PMA, tableau extrait du Rapport 2017 de la Cnuced sur les PMA © Cnuced

Le nombre absolu de personnes qui n’ont pas accès à l’électricité dans les PMA est passé de 521 millions en 2000 à 577 millions en 2014, ce qui représente 62% de la population.

Le niveau de production d’électricité n’a pas suivi le rythme de croissance de la population. “En 2014, la capacité installée et la production par personne ayant accès à l’électricité étaient inférieure de 50 % et 20 % respectivement par rapport aux niveaux de 1991”.

Il est à noter que 54% de la population mondiale sans accès à l’électricité se retrouvait dans les PMA en 2014, contre 30% en 1990.

Dans la plupart des pays africains classés dans les PMA, moins d’un quart de la population a accès à l’électricité.


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Le système de production électrique actuel repose sur une combinaison de combustibles fossiles et d’hydroélectricité. La part des énergies renouvelables, outre l’hydroélectricité, n’atteint pas 01% alors que le coût de certains équipements, les panneaux solaires photovoltaïques notamment, a “diminué de 85 % au cours de la décennie écoulée”.

“On estime que pour réaliser l’accès universel à l’électricité dans les PMA d’ici à 2030, il faudra que les réseaux desservent 571 millions de personnes de plus, les mini-réseaux 341 millions de personnes de plus et les dispositifs autonomes 114 millions de personnes de plus”, estime la Cnuced.

Les investissements nécessaires d’ici 2030 pour réaliser les ODD en vue de l’accès universel à l’électricité dans l’ensemble des PMA sont de l’ordre de 12 milliards (minimalement) à 40 milliards de dollars (niveau maximal) par an.

En 2015, relève la Cnuced, seulement 1,8% de l’assistance totale au développement dans les PMA est allé au secteur de l’énergie; dont 23% de cette assistance au secteur des énergies renouvelables.

Le rapport 2017 de la Cnuced aborde aussi les politiques, l’état des réseaux, les modèles financiers qui pourraient permettre d’améliorer l’accès à l’énergie dans les Pays les moins avancés sur l’agenda 2030.

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