Transformation locale du pétrole brut produit sur le territoire camerounais, hausse des capacités de stockage des produits pétroliers (qui accusent un déficit de 195 000 m3 par an), valorisation de l’expertise nationale sur la chaîne de valeur des hydrocarbures sont quelques uns des bénéfices attendus du projet porté par la SNH, Tradex et Ariana Energy à Kribi
Selon les données obtenues par Energies Media auprès de la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun (SNH), les capacités des stockage des produits pétroliers – gérées par l’entreprise publique SCDP – sont inférieures aux exigences réglementaires pour satisfaire la demande nationale en produits pétroliers; un des déficits que vise à corriger le projet Tank Farm de Kribi (Sud-Cameroun) qui comprend un terminal de stockage d’une capacité comprise entre 250 000 m3 et 300 000m3 et une raffinerie intégrée.
“La capacité actuelle de stockage (environ 275 000 m3) est inférieure au seuil requis pour satisfaire les exigences réglementaires qui imposent des stocks de sécurité équivalents à 30 jours de consommation et des stocks commerciaux pour 15 jours, soit un total de 470 000 m3 nécessaires. Ce déficit structurel expose le pays à des pénuries brutales, comme observé par le passé, où l’Etat se retrouvait incapable de garantir un approvisionnement au-delà de 10 jours en cas de crise logistique”, détaille un document officiel de CSTAR consulté par Energies Media.
Autre situation préjudiciable pour l’économie camerounaise que la société veut corriger : l’absence de capacités de raffinage du pétrole brut produit au Cameroun. Créée en mars 1973 et jusqu’au sinistre survenu dans ses installations en mai 2019, la Sonara n’avait pas les infrastructures pour raffiner le pétrole brut produit au Cameroun. Un paradoxe pour un pays qui produit environ 60 000 barils de pétrole brut par jour et qui importe la quasi totalité de ses besoins en produits pétroliers, ce qui grève ses réserves de changes et occasionne une fuite des devises. Une situation régulièrement dénoncée par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) qui appelle les Etats de la sous-région Afrique centrale à créer des raffineries.
Le projet Tank Farm de Kribi aura ainsi une raffinerie intégrée, ce qui donnera la possibilité au Cameroun de combler les besoins en produits pétroliers des industriels de Kribi et d’autres régions du Cameroun et même d’exporter vers les pays de la sous-région à l’instar du Congo, de la République centrafricaine, du Tchad.
D’après les données publiques de CSTAR, il s’agit d’un projet viable qui permettra, selon les projections et une fois réalisé, de générer un revenu net annuel moyen de 37,2 millions de dollars américains (différence entre des charges d’exploitation chiffrées à 6 millions USD pour des revenus annuels bruts de 43,2 millions de dollars).
Cette initiative “stratégique” est portée par la société CSTAR dont le capital est réparti entre la société émiratie Ariana Energy (49%), la filiale de la SNH Tradex (31%) et la SNH (20%).
Le coût global du projet est compris entre 198 et 200 millions USD. Les parties camerounaises (SNH et Tradex) fourniront 30% du montant, soit environ 60 millions USD; tandis que Ariana Energy mobilisera les 70% restants sous forme de dette commerciale
L’achèvement du projet est prévue en juin 2028.




