Reprise difficile des négociations entre l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte autour du GERD




Des discussions ont été entamées cette semaine en vue de la reprise des négociations tripartites le 10 janvier, sur les règles de remplissage du Grand barrage de la renaissance éthiopienne

 

 

L’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan ont tenu dimanche, 03 janvier, une réunion virtuelle sur la question du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD).

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a déclaré que les ministres des trois pays avaient échangé leurs points de vue sur la poursuite de la négociation trilatérale concentrée sur un projet de document présenté par les experts désignés par le président de l’Union africaine (UA).

« L’Ethiopie s’est déclarée favorable au projet de document et a exprimé sa volonté de l’utiliser comme un document de travail unique pour la négociation trilatérale », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Le Soudan a confirmé « l’importance du document pour la progression de la négociation et sa volonté de faire avancer la négociation avec un rôle défini des experts de l’UA », a-t-il déclaré.

L’Egypte, cependant, « a catégoriquement rejeté le document », selon le ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Le ministère soudanais de l’Eau a déclaré que « la réunion avait conclu que cette semaine serait consacrée aux discussions bilatérales entre les trois pays, les experts et les observateurs ».

Les discussions de cette semaine ouvriront la voie « à la reprise des négociations tripartites le dimanche 10 janvier dans l’espoir de les conclure d’ici fin janvier », a-t-il ajouté.

L’avis du Soudan a cependant évolué ce lundi 04 janvier, le pays se montrant peu optimiste sur l’issue de ces nouvelles négociations.

Le ministère soudanais des Ressources en eau, de l’Irrigation et de l’Electricité a fait savoir dans un communiqué que « sur la base des recommandations de la réunion ministérielle tripartite entre le Soudan, l’Égypte et l’Éthiopie sur le remplissage et l’exploitation du barrage (éthiopien) Renaissance, qui s’est tenue hier (dimanche), le Soudan a soumis une demande pour tenir une réunion bilatérale avec les experts de l’Union africaine et des observateurs, le même jour ».

Et de poursuivre: « le Soudan n’a pas eu de réponse à sa demande mais a reçu plutôt une invitation à poursuivre les négociations tripartites ce qui a incité le Soudan à émettre des réserves sur sa participation à la réunion de ce lundi ».

« Cela confirme la position ferme du Soudan, sur l’impératif d’accorder un rôle aux experts de l’Union africaine pour faciliter les négociations et rapprocher les points de vue entre les trois parties », explique le ministère soudanais.

L’Ethiopie a commencé à construire le GERD en 2011. L’Egypte craint que ce barrage n’affecte les 55,5 milliards de mètres cubes d’eau (97% de ses besoins en eau) qu’elle reçoit chaque année du Nil, et le Soudan a récemment soulevé des préoccupations similaires. L’Egypte va jusqu’à voir une « menace existentielle » dans tout ce qui menace de réduire le débit du fleuve.

Au cours des dernières années, toutes les négociations tripartites sur les règles de remplissage et de fonctionnement du GERD se sont avérées infructueuses, y compris celles qui ont été organisées par Washington, ou plus récemment par l’Union africaine (UA).

A terme, le GERD doit assurer à l’Ethiopie une production de 6 000 mégawatts.

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