Cameroun: les problèmes identifiés sur les barrages de Song Loulou et Lagdo avant leur réhabilitation




Vieillissement “prématuré” dû à un gonflement interne du béton rendant les manipulations difficiles à Song Loulou (384 MW); vétusté des équipements électromécaniques et hydromécaniques à Lagdo (72 MW), entre autres constats établis

 

La société publique Electricity Development Corporation (EDC), qui a piloté la construction du barrage de Lom Pangar, va coordonner la réhabilitation des barrages de Song Loulou et Lagdo, renseigne le journal d’entreprise EDC News, édition de mai 2018.

Cette mission lui a été confiée par “les pouvoirs publics”, affirme-t-elle.

Un premier diagnostic concernant ces ouvrages a déjà été établie, à la suite d’une descente effectuée sur les sites les 26 et 27 février 2018, apprend-on à la lecture du numéro 14 de EDC News. La situation à Lagdo est aussi documentée dans un rapport sur l’état sécuritaire dudit ouvrage réalisé par le bureau d’études techniques français ISL Ingénierie en 2011.

“Les structures de béton de l’aménagement hydroélectrique de Song Loulou sont victimes de vieillissement prématuré par des réactions de gonflement interne. Ces gonflements du béton ont eu diverses conséquences. Entre autres, nous pouvons citer: les manipulations difficiles, les blocages des vannes et batardeaux de l’évacuateur et de la prise d’eau, l’apparition de fissures sur les parements de béton mettant à nu les aciers d’armatures et la déformation des pièces fixes”, dresse EDC.  

Le barrage de Songloulou, l’un des principaux aménagements hydroélectriques du Cameroun, avec une puissance installée de 384 MW, a été construit sur le fleuve Sanaga entre 1976 et 1981. Il est situé dans la région du Littoral, à proximité de la commune de Massok-Songloulou, dans le département de la Sanaga Maritime.

A Song Loulou, avant de recruter l’entreprise qui devra effectuer la réhabilitation après publication des dossiers de consultation des entreprises pour la maîtrise d’oeuvre des travaux, EDC compte d’abord mener une “étude complémentaire pour actualiser les travaux de réhabilitation; et élaborer un avant projet détaillé de l’extension en rive droite de l’aménagement”.

Lagdo

La centrale hydroélectrique de Lagdo, construite sur le fleuve Bénoué et située à proximité de la ville de Lagdo, à 65 km de la ville de Garoua, dans la région du Nord, souffre de la vétusté de ses installations. L’ouvrage a été construit par la société China International Water and Electric Corp (CWE) dans les années 1978-1984.

D’après EDC, il a été mis en service dès 1982 avec pour objectifs d’alimenter les régions du septentrion en électricité, tout en permettant l’irrigation de 15 000 hectares de culture en aval.

“Vieux de 36 ans, le barrage de Lagdo présente des signes de vieillissement qui se traduisent par la vétusté des équipements électromécaniques et hydromécaniques. les turbines doivent être rénovées, afin de répondre aux dernières évolutions technologiques. Les transformateurs et les équipements de protection doivent être remplacés suite au dépassement de leur âge limite de fonctionnement. La centrale doit également être entièrement modernisée en ce qui concerne ses systèmes de surveillance, de contrôle commande et de sécurité”, explique EDC.

Le barrage de Lagdo fournit actuellement juste la moitié de sa puissance installée.

Pour rappel, pour la réhabilitation de la centrale de Lagdo, EDC a lancé, en mars 2018, un appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement de consultants qui seront chargés de la supervision des travaux; AMI déjà arrivé à échéance.

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