France: pour le gestionnaire du réseau d’électricité, les centrales à charbon peuvent être fermées d’ici 2022




Le charbon joue un rôle marginal dans la production d’électricité du pays, dominée par le nucléaire. En 2017, il représentait 2,3% des capacités avec 3 gigawatts et il n’a compté que pour 1,8% de la production

 

La France pourra fermer ses centrales à charbon d’ici 2022, suivant l’engagement d’Emmanuel Macron, mais à condition de ne pas arrêter de nouveau réacteur nucléaire d’ici cinq ans, a prévenu le gestionnaire du réseau d’électricité (RTE) le 15 novembre dernier.

Ce constat intervient à quelques semaines d’échéances cruciales avec la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2024-2028. La question du nucléaire s’avère particulièrement épineuse, la France voulant à terme réduire sa part dans la production d’électricité. « Ce n’est pas notre rôle, à RTE, de faire la PPE », a souligné le président de RTE, François Brottes, lors d’une conférence de presse. Le rôle de la filiale autonome d’EDF est « d’éclairer » les décideurs, selon lui.

Selon RTE, qui a présenté ses perspectives sur la sécurité d’approvisionnement 2018-2023, « après l’hiver 2020, des marges de sécurité devraient réapparaître » et permettre la fermeture progressive des quatre centrales à charbon en plus de l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), déjà acté. La fermeture de cette dernière devrait se faire « hors période hivernale », donc à l’été 2020, précise au passage RTE.

RTE pose toutefois une série de conditions, notamment développer fortement les énergies renouvelables, mettre en service trois interconnexions (une avec l’Italie, deux avec la Grande-Bretagne) et mettre en service l’EPR de Flamanville (Manche) et la centrale au gaz de Landivisiau (Finistère) dans les délais.

Il faut également « ne fermer aucun autre moyen de production ». Autrement dit, il ne sera pas possible de fermer des réacteurs nucléaires en plus de Fessenheim d’ici 2023.

Emmanuel Macron avait promis durant la campagne présidentielle de fermer les centrales à charbon – très polluantes – durant son quinquennat. Malgré l’enjeu social, l’objectif a été depuis confirmé plusieurs fois par le gouvernement, soucieux d’être exemplaire sur la question climatique.

Il reste en effet quatre sites en activité: deux d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime), et deux autres de la société allemande Uniper à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle).

Pour réussir avant la fin du mandat présidentiel, les fermetures devront se concentrer sur la période 2020-2022, explique RTE. D’ici à 2020, le système électrique sera « équilibré » mais « sans marge supplémentaire », en raison notamment de la fermeture d’unités au fioul, a précisé Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE. Mais « à partir de l’été 2020, on retrouvera un certain nombre de marges », a-t-il expliqué.

RTE a insisté sur le fait que la fermeture des centrales à charbon ne présentait pas de « risque spécifique » pour le Sud et surtout la Bretagne. La Bretagne en particulier dispose déjà d’un nouveau « filet de sécurité » inauguré cette année, via une nouvelle ligne à haute tension pour améliorer sa sécurité d’approvisionnement électrique.

Le charbon joue un rôle marginal dans la production d’électricité du pays, dominée par le nucléaire. L’an dernier, il représentait 2,3% des capacités avec 3 gigawatts et il n’a compté que pour 1,8% de la production. Mais EDF comme Uniper défendent l’utilité de ces moyens facilement mobilisables, notamment pendant les pics de consommation hivernaux.

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