La reconduction, au deuxième semestre 2019, des limitations de production décidées par l’alliance dite Opep+ a été la principale option discutée lors d’une réunion de suivi dimanche 19 mai à Djeddah; mais les « choses peuvent changer d’ici juin », a indiqué le ministre saoudien de l’Energie Khalid al-Falih lors d’une conférence de presse dans la soirée
Un consensus existe à l’Opep et chez ses producteurs alliés pour réduire « tranquillement » les stocks de pétrole, a déclaré le ministre saoudien de l’Energie Khalid al-Falih, tout en assurant que son pays resterait attentif aux besoins d’un marché selon lui toujours fragile.
Une reconduction au deuxième semestre 2019 des limitations de production décidées par l’alliance dite Opep+ a été la principale option discutée lors d’une réunion de suivi dimanche 19 mai à Djeddah mais les « choses peuvent changer d’ici juin », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse dans la soirée.
« Pour le deuxième semestre, notre préférence est de maintenir une gestion de la production permettant la poursuite de la baisse graduelle des stocks, une baisse tranquille mais certaine pour revenir vers des niveaux normaux », a-t-il dit.
La perspective d’une prolongation de l’accord d’encadrement de l’offre fait grimper les cours du brut de plus de 1% lundi, avec le Brent de mer du Nord à plus de 73 dollars.
L’Opep, la Russie et d’autres producteurs se sont entendus pour réduire leur production cumulée de 1,2 million de barils par jour depuis le 1er janvier et pour une durée de six mois. L’accord, destiné à empêcher un gonflement des stocks mondiaux et à soutenir les cours du brut, a contribué à une hausse de 30% des prix cette année.
Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a précisé pour sa part que le comité de suivi de l’accord avait aussi évoqué la possibilité d’un assouplissement des baisses de production et que l’état de l’offre sur le marché serait plus aisé à analyser dans un mois, quand l’Opep+ aura à prendre une décision sur la reconduction ou non de l’accord.
Selon deux sources, l’Arabie saoudite et la Russie envisagent deux scénarios pour la réunion de juin, qui vont tous les deux dans le sens d’une augmentation de la production au deuxième semestre.
L’un des scénarios vise à supprimer les baisses de production au-delà des limites convenues, ce qui reviendrait à augmenter l’offre de l’Opep+ d’environ 800.000 barils par jour, et l’autre consiste à ramener à 900.000 bpj la baisse globale de production, au lieu de 1,2 million de bpj actuellement.
Khalid al-Falih a assuré à la presse que le marché était « très fragile » avec à la fois des perturbations de l’offre et une hausse des stocks, mais il a ajouté qu’une situation « plus confortable » prévaudrait dans les prochaines semaines.
La sur-conformité à l’accord de certains pays de l’Opep+ n’est pas durable et « pourra être inversée en juin », a-t-il dit.
Selon un communiqué publié à la fin de la réunion, les membres de l’OPEP+ ont respecté avec une moyenne de 120% les restrictions de production décidées cette année, d’un niveau de 1,2 million de barils par jour (Mb/j) depuis janvier.
Si la réunion ministérielle de juin décide de prolonger les baisses de production, l’Arabie saoudite s’y conformera, a-t-il ajouté, en précisant que le royaume prévoyait une production de l’ordre de 9,7 millions de barils en mai et juin.
Alors que le Brent se traite à plus de 70 dollars, les Etats-Unis, dont Ryad est un proche allié, pressent l’Opep d’augmenter sa production afin de faire baisser les cours.
La baisse de l’offre de l’Opep a été accentuée ces derniers mois par la chute des exportations du Venezuela et de l’Iran, sous l’effet de sanctions américaines.




