Les opportunités d’investissement dans l’électricité en Afrique subsaharienne




Dans la région, la moins raccordée à l’électricité dans le monde, deux tiers des habitants n’ont pas accès à l’électricité. Avec de nombreuses personnes vivant dans des zones hors réseau, le développement de solutions légères liées aux énergies renouvelables représente « une opportunité pour casser la fracture énergétique » selon une étude

 

Abritant 45 des 54 Etats du continent, l’Afrique subsaharienne est cependant la région la moins lotie au monde en matière d’infrastructures énergétiques et d’accès à l’électricité. « Plus de 620 millions de personnes – soit deux tiers des habitants – n’ont pas accès à l’électricité et 750 millions cuisinent à l’aide de combustibles solides polluants (bois de chauffe et charbon de bois) », rappelle Oxfam France, dans un rapport publié lundi 30 octobre.

Dans cette étude intitulée « Des énergies renouvelables pour lutter contre la pauvreté », l’ONG met en perspective un certain nombre de statistiques s’appuyant sur des données de la Banque africaine de développement, de l’Agence internationale de l’énergie et de l’Africa Progress Panel.

« En Afrique subsaharienne, deux tiers des habitants n’ont pas accès à l’électricité » contre 37% de la population seulement qui y ont droit. Une « injustice » selon Oxfam.

Si en ville les habitants subissent régulièrement des coupures et sont affectées en même temps par la pollution des générateurs à diesel, la partie la plus importante des personnes lésées se trouve cependant dans des zones éloignées.

« 84 % des individus sans accès à l’électricité vivent aujourd’hui dans des zones rurales », indique Oxfam France.

« En 2012, la capacité de production installée en Afrique subsaharienne était limitée à 90GW dont la moitié en Afrique du Sud, soit 0,1 kW par habitant (contre 1 à 3,3 kW dans les pays riches) », étaye l’ONG.

Le faible développement des réseaux d’électricité serait à attribuer à la gestion des sociétés nationales d’électricité mais aussi aux prix, parfois élevés par rapport aux revenus des populations. « Une personne vivant dans un village du nord du Nigéria paie un kilowatt environ 60 à 80 fois plus cher qu’un habitant de New York ou Londres », constate les auteurs du rapport.

Les énergies renouvelables seraient alors dans ce cadre une « une opportunité pour casser la fracture énergétique ».

Selon Oxfam, elles ne sont pas polluantes et “deviennent de plus en plus compétitives financièrement, tout en bénéficiant de quatre fois moins de subventions publiques que les énergies fossiles”.

Parmi les énergies présentées : le solaire et l’éolien qui offrent des solutions opérationnelles rapidement pour des zones hors réseau, peu densément peuplées ou très reculées.

« Alors que la production actuelle des réseaux électriques se limite à 90 GW, la capacité potentielle du solaire est estimée à 10 TWh – plus de cent fois plus – et la capacité éolienne à 1 300 GW – quatorze fois plus », relève Oxfam France.

« L’IRENA (Agence internationale des énergies renouvelables) estime que les emplois dans le secteur des renouvelables pourraient augmenter de 9,8 millions en 2016 à 24 millions en 2030 », complète l’ONG.

Pour encourager les investisseurs, Oxfam fait observer que le coût des énergies renouvelables, en particulier du photovoltaïque, connait une tendance baissière.

Pour les installations et systèmes plus importants comme les panneaux solaires, encore « élevés pour les ménages les plus pauvres », l’ONG suggère d’accorder des subventions et des aides internationales comme politiques d’accompagnement à leur mise en place.

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