Afrique du Sud: Nhlanhla Nene, ex-ministre des Finances, pointe le programme nucléaire russe parmi les sources de son limogeage




L’ex-ministre des Finances sud-africain a déclaré mercredi, 03 octobre, que l’ancien président Jacob Zuma l’avait limogé en décembre 2015 parce qu’il s’opposait à un programme nucléaire envisagé avec la Russie, et à d’autres projets en lien avec la famille Gupta

 

L’ex-ministre des Finances sud-africain Nhlanhla Nene (photo) a déclaré mercredi, 03 octobre, que l’ancien président Jacob Zuma l’avait limogé en décembre 2015 parce qu’il s’opposait à un programme nucléaire civil confié à la Russie et à d’autres projets, visant à bénéficier financièrement à la famille Gupta.

M. Nene est le premier membre du gouvernement à témoigner devant une commission chargée d’enquêter sur les allégations de corruption relatives à un trafic d’influence au sein du gouvernement.

M. Nene a indiqué à la commission à Johannesburg que son opposition au programme nucléaire était motivée par les coûts astronomiques qu’il impliquait, ajoutant que ce programme aurait eu des conséquences désastreuses pour l’économie du pays.

Pour faire face à la pénurie d’électricité, le gouvernement sud-africain s’était engagé avec l’agence russe Rosatom en 2014 pour développer son programme nucléaire. Objectif: produire 9,6 GW d’énergie, pour un coût de mille milliards de rands (environ 73,4 milliards de dollars). L’accord avait été approuvé en décembre 2015.

M. Nene a dit avoir refusé en 2015 de signer un projet de lettre sur ce programme nucléaire destiné au gouvernement russe car ce document « aurait été contraignant pour le gouvernement sud-africain ».

« M. Zuma (…) m’a critiqué pour n’avoir pas finalisé les aspects financiers de l’accord sur le nucléaire envisagé avec la Russie », a-t-il dit. « J’ai dit au président Zuma que je ne pourrais pas signer cette lettre sans d’abord interroger les conséquences financières et budgétaires du modèle de financement proposé ».

Jacob Zuma avait limogé Nhlanhla Nene le 9 décembre 2015, mais le nouveau président Cyril Ramaphosa l’a nommé à nouveau au même poste en février de cette année.

M. Zuma avait déclaré que M. Nene était libéré de ses fonctions afin de rejoindre la banque de développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Mais sa nomination au sein de la banque ne s’est jamais concrétisée.

Le programme nucléaire avec la Russie a été suspendu jusqu’en 2030, le temps de déterminer si le pays d’Afrique australe aura effectivement besoin de plus d’énergie nucléaire.

L’Afrique du Sud possède actuellement deux réacteurs nucléaires, au sein de la centrale de Koeberg, au sud-ouest du pays, d’une puissance cumulée de 1 860 MW. Ils ont été connectés au réseau électrique en 1984 et 1985.

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