Mozambique : reprise du projet gazier de la Zone 1 après des garanties sécuritaires




Le projet de la Zone 1 ou projet Mozambique LNG est un chantier de 20 milliards de dollars situé dans la province du Cabo Delgado. Il est porté par la multinationale française TotalEnergies et doit entrer en production en 2029

 

Le géant français de l’énergie TotalEnergies a officiellement annoncé, jeudi 29 janvier, la « reprise complète » de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, après cinq ans d’interruption consécutive à une attaque jihadiste meurtrière.

Ce chantier à 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), situé dans la province du Cabo Delgado (nord), à la frontière avec la Tanzanie, était gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 sur la ville de Palma, qui avait fait quelque 800 morts, selon l’ONG Acled.

Le projet Mozambique LNG ou projet de la Zone 1, qui doit entrer en production en 2029, « fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale », a déclaré le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné (photo), lors d’une cérémonie en présence du président du Mozambique, Daniel Chapo, sur le site en travaux d’Afungi.

Mais les organisations environnementales dénoncent une « bombe climatique » qui contribuera à rejeter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et profitera peu aux Mozambicains, dont plus de 80% vivaient sous le seuil de pauvreté de trois dollars par jour en 2022, selon la Banque mondiale.

Sécurité

M. Pouyanné a affirmé que son groupe et le consortium Mozambique LNG avaient obtenu des « garanties » sur la « sûreté et la sécurité » sur le terrain, ce qui était « la condition » pour annoncer en octobre la reprise du projet, paralysé depuis avril 2021.

Du fait de ses retards, le projet a bénéficié d’une « extension automatique » de quatre ans et demi, a précisé le PDG à la presse. Le groupe devra en revanche attendre l’issue d’un « audit » du gouvernement sur sa demande de compensation pour les surcoûts associés, qu’il évalue à 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros).

Plus de 4 000 travailleurs se trouvent aujourd’hui sur le site, dont 80% sont des Mozambicains, selon M. Pouyanné. Son entreprise détient 26,5% dans Mozambique LNG, et en est l’opérateur.

« C’est un jour de célébration pour le Mozambique, pour l’Afrique et pour le monde », a déclaré le président Chapo.

Le Mozambique a été « capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers », a-t-il ajouté, alors que la relance du projet a été retardée, entre menaces sécuritaires et incertitudes sur le financement.

Investissement

A l’origine, en 2020, le consortium Mozambique LNG avait conclu un accord de financement de 15,4 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) impliquant 30 prêteurs. Mais en décembre 2025, le projet a perdu le soutien des gouvernements britannique et néerlandais, pour 2,2 milliards de dollars (1,84 milliard d’euros).

Ce sont finalement les partenaires de Mozambique LNG qui apporteront « des fonds propres supplémentaires pour remplacer les contributions » des agences de crédit à l’exportation britannique UKEF et néerlandaise Atradius, pour « environ 10% du financement externe », selon TotalEnergies.

Présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique, le projet devrait contribuer à faire du pays, fort de ses gigantesques réserves sous-marines de gaz au large du Cabo Delgado, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL (gaz à l’état liquide transporté par bateau).

Selon des estimations du Fonds monétaire international en 2024, la croissance du Mozambique devrait accélérer fortement pour atteindre 10% lorsque Mozambique LNG commencera sa production, destinée notamment à l’Asie et l’Europe.

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