Perspectives présentées par le président-directeur général du groupe français TotalEnergies Patrick Pouyanné
Le projet gazier mené par TotalEnergies au Mozambique (projet Mozambique LNG), un investissement de 20 milliards de dollars, pourrait prochainement reprendre après avoir été mis à l’arrêt dans la foulée d’une sanglante attaque jihadiste en 2021.
Trois mois de vive contestation des résultats des élections générales d’octobre, entachées d’irrégularités, ont aussi retardé la reprise du projet.
La manne gazière tant attendue par le Mozambique, un des pays les plus pauvres au monde, ne se concrétisera pas immédiatement : le président-directeur général du groupe français Patrick Pouyanné a dit le mois dernier au Nikkei espérer un début de production en 2029.
Selon sa direction, TotalEnergies envisage de relancer le projet dans le courant de cet été, et M. Pouyanné serait attendu à Maputo courant juillet, selon une source proche de l’industriel à l’AFP.
Pour que le projet reprenne, il reviendra aux actionnaires du projet Mozambique LNG (dont TotalEnergies a 26,5%) de lever la force majeure, qu’ils avaient eux-mêmes invoquée en 2021 après l’attaque.
Multiples projets de multinationales
Le site offshore flottant du groupe italien ENI à Coral Sul, dont une réplique plus au nord devrait bientôt être officialisée, a bien commencé à produire fin 2022, représentant l’équivalent du quart de la capacité de production de celui de TotalEnergies.
Enfin, un troisième projet, à la capacité encore supérieure et conduit par la major américaine ExxonMobil devrait recevoir l’an prochain sa décision d’investissement finale, dernière étape avant sa mise en oeuvre, d’après le président mozambicain.
Ces projets « pourraient faire du Mozambique un des dix premiers producteurs mondiaux (de gaz, ndlr), contribuant à 20% de la production africaine d’ici 2040 », d’après un rapport du cabinet d’audit Deloitte de 2024.
Le projet de TotalEnergies – comme celui d’ExxonMobil – comprend des installations de liquéfaction onshore pour transformer le gaz à l’état liquide et ainsi pouvoir le transporter par la mer.
Croissance à deux chiffres attendue
La croissance du Mozambique « devrait s’accélérer fortement pour atteindre 10% en 2028 et 2029, lorsque le premier projet onshore commencera à produire », estimait l’an passé le Fonds monétaire international (FMI).
Un bond spectaculaire pour un pays à la croissance estimée à 2,5% en 2025 par le FMI.
Le Mozambique, pays d’Afrique le plus vulnérable au changement climatique – selon le World Risk Index de 2023 – dispose de gigantesques réserves de gaz naturel décelées au début des années 2010 au large de la province de Cabo Delgado (nord), dans le bassin de Rovuma.
La Banque africaine de développement évoque des réserves de plus de 5 000 milliards de mètres cubes de gaz. « Suffisamment pour approvisionner la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie pendant près de 20 ans », écrivait-elle en 2018.




