Maroc: Afriquia, Total et Vivo Energy soupçonnés de s’entendre sur les prix des carburants

A la suite des conclusions du Conseil marocain de la concurrence, le roi Mohammed VI a décidé de la constitution d’une commission ad-hoc chargée de mener des investigations en vue de clarifier la situation

 

 

Les trois principaux distributeurs de pétrole au Maroc parmi lesquels le français Total risquent de lourdes sanctions financières pour pratiques anticoncurrentielles, selon les autorités locales.

Le Conseil marocain de la concurrence a conclu, le 23 juillet dernier, à une entente des sociétés pétrolières et informé le Palais royal de sa décision d’infliger des sanctions de l’ordre de 9% du chiffre d’affaires des trois leaders sur le marché — Afriquia, Total et Vivo Energy, distributeur exclusif de Shell au Maroc.

Le 28 juillet, le Conseil a ensuite présenté une nouvelle note avec des sanctions équivalentes à 8% du chiffre d’affaires annuel pour tous les distributeurs.

Cependant, “plusieurs membres du Conseil” ont fait état de “transgressions de procédure” dans la gestion de ce dossier en désavouant leur président, selon le Palais.

Compte tenu de la confusion, le roi Mohammed VI a décidé la constitution d’une commission ad-hoc chargée de mener des investigations en vue de clarifier la situation, selon un communiqué du cabinet royal publié dans la nuit du 28 au 29 juillet.

Dépourvu d’hydrocarbures, le Maroc importe la totalité de ses besoins en produits pétroliers. Après avoir longtemps subventionné les carburants, le royaume a libéralisé le secteur en 2015, laissant aux importateurs le soin de fixer librement le prix des carburants à la pompe.

Depuis, les importateurs de carburants ont considérablement augmenté leurs marges, selon un rapport parlementaire publié en 2018. Et surtout, les prix restent quasiment inchangés d’une station à une autre, nourrissant critiques et soupçons d’entente sur les prix.

En 2018, une campagne de boycott inédite a visé, entre autres, le leader du marché des hydrocarbures, Afriquia, propriété de l’actuel ministre de l’Agriculture et richissime homme d’affaires Aziz Akhannouch.

Cette campagne de boycott avait accéléré les travaux du Conseil de la concurrence sur le dossier des hydrocarbures.

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