Cameroun: la ligne complète de transport de l’électricité produite à Memve’ele (211 MW) ne sera pas livrée avant fin 2019

Constat fait par le ministre de l’Eau et de l’Energie lors d’une descente sur le terrain les 11 et 12 juin, pour enjoindre les différents acteurs à respecter les délais. En fin d’année 2018, il est attendu une “mise en service partielle” du barrage. Explications

 

Attendus en octobre 2018, les ouvrages d’évacuation de l’énergie produite par le barrage hydroélectrique de Memve’ele (211 MW), dans leur globalité, ne seront pas livrés avant “un an à un an et demi”, a précisé l’actuel ministre de l’Eau et de l’Energie, le 12 juin dernier à Nyabizan (Sud-Cameroun), au terme d’une visite sur le site de l’aménagement hydroélectrique de Memve’ele.  

La construction du barrage – situé à Nyabizan, localité de l’arrondissement de Ma’an, département de la Vallée du Ntem, dans la région du Sud – est achevé depuis juin 2017.

La “réception provisoire partielle” de l’ouvrage a eu lieu le 08 février 2018 mais l’énergie fournie par l’usine de production n’est pas encore disponible au poste de Nkolkoumou à Yaoundé, pour être injectée dans le Réseau interconnecté Sud (RIS), l’un des deux principaux réseaux du Cameroun.

C’est pour cette raison, et “sur instructions du Premier ministre”, que le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba (photo, centre), est allé s’enquérir de la situation sur le terrain les 11 et 12 juin 2018.

Dans la “mission de suivi et de contrôle des travaux” conduite par le Minee, il y avait également les directeurs généraux des différentes entreprises publiques impliquées dans les ouvrages d’évacuation de l’énergie (Sonatrel, EDC) et le directeur du projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele, Dieudonné Bisso.

L’énergie fournie par Memve’ele (211 MW) doit être injectée dans le Réseau interconnecté Sud (RIS) à travers une ligne de transport d’électricité qui va de Nyabizan à Ebolowa (175 km) puis d’Ebolowa à Yaoundé; le tout sur une distance de près de 300 km

Situation sur le terrain

La ligne allant de Nyabizan à Ebolowa est achevée, d’après les données présentées au ministre de l’Energie; mais celle allant d’Ebolowa à Yaoundé en passant par le poste de Mbalmayo (région du Centre), est encore en construction.

Entre Ebolowa et Mbalmayo, le corridor choisi pour la ligne traverse certaines zones habitées. Pour ne pas avoir à gérer des procédures d’indemnisation, qui pourraient prendre du temps, l’une des options envisagées est de louer les parcelles de terrain qui pourraient être sollicitées.

A Ngoulemakong, dans le département de la Mvila (Sud-Cameroun), des pylônes seront installés pour acheminer l’énergie de Nyabizan à Mbalmayo. Photo prise le 11 juin 2018 © Energies-media.com

Pour aller plus vite, la coordination du projet s’est accordée avec Electricity Development Corporation (EDC) pour mettre à contribution les infrastructures du Projet de renforcement et d’extension des réseaux électriques de transport et de distribution (Preretd). Piloté par EDC, bien avant la signature des concessions de la Sonatrel, l’un des volets de ce Projet concerne la construction d’une ligne électrique haute tension de 90 kV entre Mbalmayo (région du Centre) et Ebolowa (chef-lieu de la région du Sud); et d’un poste de transformation aux caractéristiques 90/30/15 kV toujours à Ebolowa. A Mbalmayo, les ressources du Preretd vont également permettre l’extension du poste 90/30 kV. Le choix, concernant la ligne de transport de l’énergie de Memve’ele, est de créer des points de jonction de cette dernière avec ce qui avait été envisagé par le Preretd.

Les devis ont déjà été établis et il est question maintenant d’assurer les “disponibilités financières”, d’après ce qui a été expliqué au Minee à Ngoulemakong (commune située dans le département de la Mvila, région du Sud), où l’une des jonctions doit être faite. Energies-Media a appris, auprès de l’unité opérationnelle de la Cellule d’appui à la maîtrise d’ouvrage du projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele, qu’une réunion est prévue la semaine prochaine à Yaoundé pour arrêter le montant de l’opération et envisager les voies de financement.

“Mise en service partielle”

Pour rappel, en février 2017, le Cameroun avait déjà obtenu un prêt d’EximBank of China d’une valeur de 84 milliards de F CFA (près de 128 millions d’euros) pour la réalisation de la ligne de transport de l’électricité.

Lors des différents échanges qu’il a eus avec les différents acteurs du projet Memve’ele en début de semaine, Gaston Eloundou Essomba a rappelé que cet aménagement hydroélectrique constitue un projet phare du programme socio-économique du président de la République – Paul Biya – et insisté pour lever tous les blocages potentiels à sa mise en service, idéalement au mois de septembre 2018.

Finalement, il a été indiqué au ministre qu’il est uniquement possible, au vu de l’état d’avancement actuel des travaux et des projections, de réaliser les premiers essais et une“mise en service partielle” du barrage d’ici à la fin de l’année, en transportant déjà l’énergie jusqu’au poste de Mbalmayo. Cela permettra aux turbines de Memve’ele de fournir un tiers de l’énergie du barrage.

Pour que l’ouvrage fonctionne à plein régime, il faudra encore attendre la construction de la ligne allant de Mbalmayo au poste de Nkolkoumou, à Yaoundé; à partir de 2019, si les nouveaux délais sont respectés. Les bénéfices attendus sur le Réseau interconnecté Sud ne pourront être pleinement ressentis qu’à partir de ce moment.

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