D’après les données du gouvernement, la production quotidienne de pétrole de la Libye a dépassé 1,37 million de barils en 2025, marquant le niveau le plus élevé du pays au cours des 12 dernières années
L’intérêt des investisseurs étrangers pour la Libye connaît un nouvel élan, alors que le pays accélère ses réformes institutionnelles et économiques, le secteur de l’énergie redevenant le principal moteur de l’engagement international.
À l’événement Libya Energy and Economy Summit tenu à Tripoli du 24 au 26 janvier 2026, le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah a déclaré que la production quotidienne de pétrole de la Libye avait dépassé 1,37 million de barils en 2025, marquant le niveau le plus élevé du pays au cours des 12 dernières années.
Il a également indiqué que le premier appel d’offres pour l’exploration et la production de pétrole et de gaz depuis près de 17 ans serait finalisé au cours de la deuxième semaine de février.
Le ministre du Pétrole et du Gaz, Khalifa Abdulsadek, a déclaré que la hausse des niveaux de production constituait un indicateur fort de la reprise économique et de la stabilité.
Il a précisé que la Libye avait lancé un programme impliquant 15 entreprises et qu’elle s’attendait à une augmentation de la production de pétrole au cours des cinq prochaines années, soutenue par des investissements de 20 milliards de dollars. L’extension des contrats à 25 ans, a-t-il ajouté, constitue une étape essentielle pour offrir un environnement d’investissement prévisible et à long terme, conforme aux pratiques mondiales du secteur.
Nouveaux accords
Lors de la première journée du sommet, la Libye a signé plusieurs accords multilatéraux visant à accroître la production, accélérer les investissements et approfondir les partenariats internationaux dans le secteur de l’énergie.
Dans ce cadre, la NOC a signé un avenant à un accord à long terme avec la société française TotalEnergies et l’américaine ConocoPhillips afin de renforcer les investissements et d’augmenter la production dans la concession pétrolière stratégique de Waha.
La Libye a également signé un mémorandum d’entente avec l’Égypte concernant la coopération dans le pétrole et le gaz naturel, ainsi qu’un autre accord avec le géant énergétique américain Chevron pour évaluer les opportunités potentielles d’exploration et de développement.
« Ce fut un sommet réussi au cours duquel nous avons vu des accords être signés, des partenariats se consolider et une grande confiance être exprimée envers le marché. Et c’est vraiment le plus important », a déclaré à Anadolu le directeur général d’Energy Capital & Power, James Chester.
« La production de pétrole et de gaz en Libye est véritablement remarquable en Afrique et dans le monde », a-t-il ajouté.
Soulignant la position de la Libye en tant que marché énergétique historique où les investisseurs européens et américains ont trouvé leur place, Chester a déclaré que « toutes les grandes entreprises sont ici, ou du moins la plupart d’entre elles ».
Malgré des années de difficultés, il a indiqué que la Libye avait fait preuve de résilience dans le secteur de l’énergie et qu’elle était bien positionnée pour réussir à l’avenir.
Blocs pétroliers aux enchères
Dans le cadre de son premier appel d’offres pour l’exploration et la production de pétrole et de gaz depuis près de 17 ans, la NOC a proposé 22 blocs — 11 onshore et 11 offshore — et approuvé 37 entreprises internationales pour y participer. L’appel d’offres a suscité un fort intérêt de nombreuses sociétés étrangères, dont la Turkish Petroleum Corporation (TPAO).
Dans le cadre d’un mémorandum d’entente signé en juin dernier, la TPAO doit également mener des études géologiques et géophysiques sur quatre blocs offshore en Libye, incluant 10 000 kilomètres de levés sismiques bidimensionnels.
L’intérêt des entreprises étrangères ne s’est pas limité aux nouveaux appels d’offres. TotalEnergies a confirmé un plan d’investissement d’environ 2 milliards de dollars pour les champs de Waha et de Mabruk, tandis que l’italienne Eni a élargi les capacités du complexe gazier de Mellitah.
La NOC a annoncé le début du forage en eaux profondes dans le golfe de Syrte en partenariat avec Eni et BP, tandis que le retour d’ExxonMobil à des opérations actives après une interruption de 10 ans a été largement interprété par le secteur comme un nouveau vote de confiance.



