Gabon: selon le ministre de l’Energie, “la réquisition [de la SEEG] pour motif d’intérêt général est légale”




Pour Patrick Eyogo Edzang la résiliation du contrat de Veolia et la réquisition de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon le 16 février, s’inscrit dans un cadre qui existe “même au niveau international”

 

Dans une interview accordée aux sites en ligne Zonebourse.com et Labourseetlavie.com dimanche, 04 mars 2018, le ministre de l’Eau et de l’Energie et du Gabon a tenu à justifier la légalité de la résiliation, mi-février, de la concession de Veolia dans les domaines de la production/distribution d’eau et d’électricité.

“La réquisition pour motif d’intérêt général elle est tout à fait légale, et même si elle n’est pas inscrite dans un contrat, elle se pratique même au niveau international, je crois que nous n’avons pas violé de loi du tout, les lois sont encadrées dans notre pays, c’est la loi 3/85 (NDLR loi n° 3/85 du 27 juin 1985 fixant le régime juridique des réquisitions civiles des biens et services), nous l’avons scrupuleusement suivie et nous sommes juridiquement bornés”, soutient Patrick Eyogo Edzang (photo).

“Au-delà de la simple mauvaise qualité du service rendu aux Gabonais, également aujourd’hui on constate des graves problèmes de pollution, des sites ont été totalement pollués par les hydrocarbures et les huiles qui sont directement versées dans les rivières gabonaises, c’est vraiment scandaleux, un désastre écologique”, étaye-t-il.

La réquisition, le 16 février 2018, de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) par le gouvernement gabonais n’a pas encore été acceptée par le français Veolia, actionnaire majoritaire (51%) de la SEEG et qui exerçait la concession dans le secteur depuis 21 ans.

La réquisition “transitoire” va durer un an. Le gouvernement a déjà nommé les membres de l’organe ad-hoc chargé de gérer l’entreprise, mener les audits et études nécessaires au développement du secteur et finaliser la rupture contractuelle avec le groupe Veolia.

L’entreprise française a dénoncé une “expropriation brutale de la part de l’Etat gabonais”. Le Medef – organisation patronale française -, dans une lettre adressée au Premier ministre gabonais le 26 février, a abondé dans le même sens en qualifiant la décision d’“unilatérale” et d’action qui “porte préjudice à l’image du Gabon”.

Le ministre de l’Eau et de l’Energie du Gabon assure mordicus pour sa part que Veolia présentait de nombreuses insuffisances.

« A un moment donné Veolia avait transféré l’investissement à l’Etat, nous avons investi à peu près 1.000 milliards de Francs CFA (environ 1,5 milliard d’euros, NDLR) durant ces dernières années mais in fine nous avons donc aidé Veolia dans sa mission, mais nous avons également consenti des hausses tarifaires, mais en face de ces hausses tarifaires, il n’y avait pas les investissements au bout, ce qui veut dire que les hausses tarifaires consenties sur la poche des gabonais a été distribuée en dividendes et çà nous ne sommes pas d’accord […] ce que Veolia s’est permis de faire au Gabon, il ne le ferait pas en France, donc ce n’est pas la première fois, le premier dossier sur lequel on épingle Veolia. Je crois qu’aux Etats-Unis, il y a des procès sur l’empoisonnement de l’eau. Donc, bien entendu, si on vient dans un pays et on ne suit pas les règles, forcément, il faut s’attendre à des représailles […] l’application pure et simple de la loi”.

Les contrats “France-Africains”, c’est terminé. Aujourd’hui, nous voulons des contrats basés sur le gagnant-gagnant », défend le ministre de l’Eau et de l’Energie du Gabon.

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