Gabon: résiliation de la concession de Veolia et installation de l’équipe de l’organe ad-hoc chargé de finaliser la rupture




Le ministre de l’Eau et de l’Energie, Patrick Eyogo Edzang, a résilié vendredi, 16 février, la concession d’eau et d’électricité accordée à la société française Veolia qui devait expirer vers 2022. Un organe de gestion ad-hoc a aussitôt été mis en place et ses membres nommés. “Dégradation du service rendu aux usagers”

 

Le ministre gabonais de l’Eau et de l’énergie, Patrick Eyogo Edzang, a procédé vendredi, 16 février, à la résiliation de la convention de concession de distribution d’eau et d’électricité conclue avec la société française Veolia, qui était actionnaire majoritaire (51%) dans la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

La résiliation de la concession de Veolia a aussitôt été suivie d’une réquisition des locaux de la SEEG.

Dans le cadre de cette “réquisition temporaire”, le ministre de l’eau et de l’Energie a mis en place un organe ad-hoc de gérer l’entreprise, mener les audits et études nécessaires au développement du secteur et finaliser la rupture contractuelle avec le groupe Veolia. Les membres de cet organe ont été nommés; “presque tous d’anciens directeurs généraux adjoints de la SEEG”, relèvent les médias gabonais.

En juin 1997, Veolia avait remporté la concession de l’eau et de l’électricité publique, dans le cadre d’un contrat avec la République gabonaise, pour une durée de vingt ans, en devenant actionnaire majoritaire de la SEEG.

La concession, qui devait arriver à échéance l’année dernière, avait été prolongée de cinq ans courant 2017 par un avenant.

Qualité du service

En décidant de résilier la convention liant l’Etat à Veolia dans le cadre de la distribution d’eau et d’électricité, le gouvernement gabonais a critiqué la “dégradation du service rendu aux usagers, les efforts financiers consentis par l’Etat non suivis des effets escomptés et les plaintes récurrentes des populations”.

Les manifestations devenaient récurrentes ces dernières années dans les quartiers de la capitale, contre le manque de desserte en eau et/ou la mauvaise qualité de cette dernière. En début de semaine, des ONG de consommateurs ont mobilisé des dizaines de clients devant le siège de la SEEG à Libreville; les uns demandant le départ du groupe français et d’autres de l’eau.

Des manifestants devant le siège de la SEEG à Libreville, le 13 février 2018 © gabonreview.com

Dans un communiqué publié sur son site, Veolia s’est dite “victime d’une expropriation brutale de la part de l’Etat gabonais”. La société a indiqué qu’elle “examine les conséquences juridiques de cette situation et attend du Gabon qu’il se conforme aux règles de droit et à ses engagements”.

Mix électricité – eau

La SEEG a souvent dénoncé les impayés dus par les administrations publiques à la société. La dette, qui avait attteint 70 millions d’euros ces dernières années, a été assainie.  « Nous avions des arriérés d’impôts avec l’État, et celui-ci nous devait aussi beaucoup d’argent. On a effacé une grande partie de la dette en annulant nos créances réciproques à fin 2016 », a récemment expliqué Patrice Fonlladosa, président des activités Afrique et Moyen-Orient de Veolia, dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique en février 2018.

Pour s’assurer de meilleures marges de revenus dans les pays où elle recherche des concessions, Veolia mise généralement sur un mix énergie-eau. “Au Gabon, par exemple, nous gérons les deux. Nous y enregistrons un peu plus de 300 millions d’euros de revenus, en grande partie grâce à l’énergie”, a en outre indiqué Patrice Fonlladosa, dans l’interview diffusée par Jeune Afrique.  

Selon le journal français Les Echos, la SEEG a réalisé en 2017 un résultat net de 5,2 millions d’euros, dont une part de 2,6 millions d’euros pour Veolia.

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