Les premières unités du parc éolien Aysha II alimentent déjà la région Somali, la zone industrielle de Dire Dawa ainsi que la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti, renforçant la stabilité du réseau électrique dans l’est du pays
La mise en service récente du parc éolien d’Aysha II, construit par une entreprise chinoise dans l’est de l’Ethiopie, a réuni les dirigeants de l’Ethiopie, de Djibouti et de la Somalie. La scène dépasse le cadre d’un simple projet énergétique, révélant une dynamique régionale où infrastructures, intégration économique et transition énergétique s’entrecroisent.
Dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transition énergétique et la persistance de déficits électriques dans de nombreux pays en développement, la coopération sino-africaine dans l’éolien s’inscrit désormais dans une logique structurelle. Les projets ne répondent plus seulement à un besoin immédiat en électricité : ils s’intègrent dans des trajectoires industrielles et territoriales.
Dans des environnements naturels exigeants et des réseaux encore fragiles, l’implantation d’un parc éolien constitue un défi technique et organisationnel. L’intérêt suscité par Aysha tient précisément à la méthode déployée.
Lancé en 2017, le projet éolien Aysha II affiche une capacité installée totale de 120 mégawatts. Les premières unités mises en service alimentent déjà la région Somali, la zone industrielle de Dire Dawa ainsi que la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti, renforçant la stabilité du réseau électrique dans l’est du pays.
Mais l’enjeu dépasse la production. Le projet repose sur une coopération couvrant l’ensemble du cycle : planification, ingénierie, fourniture d’équipements, construction, raccordement et exploitation, les entreprises chinoises ayant déployé une chaîne complète de compétences.
Il ne s’agit pas d’une intervention ponctuelle, mais d’un dispositif couvrant l’ensemble du cycle de vie du projet. Cette continuité technique vise à structurer un savoir-faire local en gestion de projets renouvelables.
Pour les spécialistes éthiopiens du secteur énergétique, ce type d’approche intégrée facilite l’appropriation des compétences organisationnelles et opérationnelles. Elle crée une base méthodologique réutilisable pour les projets futurs, dans un pays engagé dans l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique.
La première phase de 80 MW du parc éolien d’Aysha II a été inaugurée le 1er février 2026 par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Le parc devrait à terme avoir une capacité de 120 MW. D’un coût de 257 millions de dollars, le projet est exécuté par la société chinoise Dongfang Electric International Corporation.




