Ethiopie/GERD : Abiy Ahmed défend les eaux du Nil comme « don partagé » pour la coopération




Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed affirme que l’Ethiopie ne cherche pas à menacer ses voisins, tout en présentant l’accès à un débouché maritime et le développement des eaux du Nil comme des priorités nationales essentielles

 

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a affirmé, le 16 février, que son pays n’avait « aucune intention expansionniste » et ne cherchait pas à menacer ses voisins, tout en présentant l’accès à un débouché maritime et le développement des eaux du Nil comme des priorités nationales essentielles.

Abiy Ahmed a évoqué à cette occasion les tensions régionales autour des eaux du Nil, affirmant que la volonté de l’Éthiopie de se développer grâce à ses ressources hydriques « ne signifie pas diminuer la part de quiconque », décrivant le fleuve comme un don partagé devant servir à la coopération plutôt qu’au conflit.

L’Éthiopie soutient de longue date que le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), mégabarrage d’environ 5 milliards de dollars désormais opérationnel et produisant de l’électricité, constitue un pilier de sa stratégie de développement et d’approvisionnement énergétique pour un pays de plus de 120 millions d’habitants.

Les pays en aval, notamment l’Égypte et le Soudan, ont exprimé des inquiétudes concernant la sécurité hydrique.

Ces derniers mois, Abiy Ahmed a par ailleurs intensifié ses appels en faveur d’un accès maritime fiable pour l’Éthiopie, pays enclavé le plus peuplé d’Afrique, notamment lors de la 39e Assemblée générale de l’Union africaine (tenue du 14 au 15 février), qualifiant cette question de « nécessité économique et démographique qui doit être considérée comme une question de prospérité régionale » plutôt que d’ambition territoriale.

« Nous affirmons au monde entier que l’Éthiopie ne nourrit aucune ambition géographique, n’a aucune intention expansionniste et ne cherche pas à menacer la sécurité de nos voisins », a écrit Abiy Ahmed le 16 février dans un message exceptionnel rédigé en arabe à l’approche du Ramadan.

Il a qualifié les efforts de l’Éthiopie pour obtenir un accès à la mer de « nécessité existentielle vitale », motivée par la croissance démographique et les besoins de développement, ajoutant qu’il s’agissait d’une invitation au partenariat « qui ne porte pas atteinte à la souveraineté des voisins ni ne nuit aux intérêts des autres ».

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