Eni va cesser ses activités dans les hydrocarbures en Tunisie à cause des « troubles sociaux récurrents » (officiel)




Révélation faite par le ministère tunisien de l’Energie, au moment où un site de stockage est bloqué

 

 

Le géant italien Eni, principal exploitant pétrolier étranger en Tunisie, va cesser ses activités hydrocarbures dans le pays, notamment en raison de troubles sociaux récurrents, a indiqué le 02 avril le ministère tunisien de l’Energie, au moment où un site de stockage est bloqué.

Eni, présent en Tunisie depuis les années 1960, va poursuivre ses activités dans le secteur des énergies renouvelables, y compris des centrales électriques solaires, mais va cesser d’exploiter les neuf concessions pétrolières qu’il opérait en partenariat avec l’Etat, a précisé le ministère à l’AFP.

La date de cessation des activités hydrocarbures n’a pas été fixée, a ajouté le ministère. Sollicité par l’AFP, le géant italien n’a pas souhaité commenter.

La compagnie italienne exploite des gisements de pétrole saharien dans le sud du pays ainsi que deux gisements offshore au large du Sahel. En 2019, sa production en Tunisie a atteint 2 millions de barils équivalent pétrole, selon le site internet de la société, soit environ un cinquième de la production totale d’hydrocarbures du pays. La production tunisienne ne représente qu’une petite partie de la production totale d’Eni (1,87 million de barils équivalent pétrole par jour en 2019).

Eni n’a pas revendu ses parts dans les sociétés d’exploitation des gisements, faute de repreneurs, et le gouvernement tunisien est à la recherche de nouveaux investisseurs, a précisé le ministère à l’AFP, tout en démentant des rumeurs sur un possible départ de la compagnie britannique Shell ou de l’Autrichien OMV, autres exploitants de poids dans le pays.

Cette annonce intervient alors que des manifestants réclamant des emplois bloquent depuis jeudi dernier un site de stockage portuaire d’hydrocarbures à Skhira près de Sfax (centre-est). Des rassemblements émaillés d’échauffourées ont également repris ces derniers jours à Tataouine, dans le sud du pays, animés par une coordination rassemblant des jeunes chômeurs. Par le passé, des protestataires de cette région marginalisée avaient déjà bloqué des semaines durant un oléoduc transportant la moitié de la production pétrolière du pays.

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