Selon le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly, l’Ethiopie doit garantir « l’absence de préjudice pour l’Égypte » en exploitant le GERD
Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a appelé son homologue éthiopien Abiy Ahmed à finaliser un accord concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), garantissant « l’absence de préjudice pour l’Égypte »; et ce alors que l’Ethiopie planifie l’inauguration dudit barrage en septembre 2025.
Madbouly s’est exprimé lors d’une conférence de presse diffusée le 9 juillet dernier par le bureau du Premier ministre sur Facebook.
Cette déclaration intervient en réponse à une question sur sa rencontre avec le Premier ministre éthiopien en marge du sommet économique des BRICS, qui s’est tenu les 6 et 7 juillet à Rio de Janeiro, au Brésil.
« Une photo de groupe des chefs d’État et de gouvernement a été prise en marge du sommet des BRICS. Il y avait des dispositions protocolaires, notamment des poignées de main avec les voisins, et il se trouve que l’Égypte était placée à côté de l’Éthiopie et de l’Iran. La photo a été recadrée pour se concentrer sur l’image bilatérale entre les Premiers ministres égyptien et éthiopien », a-t-il expliqué.
« L’Égypte entretient des relations avec tous les pays du monde et ne s’oppose à personne. Nos relations avec les pays africains sont fondées sur le respect mutuel. Nous avons toujours affirmé que nous ne sommes pas opposés au développement de quelque pays que ce soit, mais pas au détriment des droits de l’Égypte sur les eaux du Nil. C’est une position ferme », a-t-il ajouté.
Garantir les eaux du Nil pour chaque pays
La rencontre entre les deux Premiers ministres intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, l’Éthiopie refusant toujours de signer un accord contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage.
Madbouly a indiqué que son entretien avec Abiy Ahmed avait porté sur les déclarations récentes de ce dernier concernant « l’achèvement de la construction du GERD sans nuire à l’Égypte ni au Soudan, et l’invitation faite aux deux pays à reprendre la coopération sur ce dossier ».
« Cette garantie a été réitérée par le Premier ministre éthiopien lors du sommet des BRICS, confirmée dans une déclaration à la presse, exprimant son engagement fort à ne causer aucun tort à l’Égypte. »
« Notre réponse a été que l’Égypte n’est pas contre le développement, mais que notre pays a des droits légitimes sur les eaux du Nil », a poursuivi Madbouly.
Il a précisé avoir insisté auprès d’Ahmed sur « la nécessité de traduire toutes ces intentions exprimées dans les discours en un document écrit qui encadre la relation future entre les deux pays, ou entre les pays du bassin du Nil, et nous verrons ce qu’il adviendra dans la période à venir ».
« La position de l’Égypte n’a pas changé : elle n’autorisera aucun préjudice à sa part des eaux du Nil et insiste sur l’importance d’un cadre écrit pour le système d’exploitation du barrage, garantissant aux générations actuelles et futures leurs droits », a-t-il martelé.
Opportunité de coopération régionale
Du côté de l’Ethiopie, Abiy Ahmed a déclaré devant le parlement éthiopien que son pays inaugurera officiellement le barrage en septembre, tout en affirmant la volonté de l’Éthiopie de poursuivre le dialogue avec l’Égypte sur ce projet, qu’il considère comme « une opportunité » de coopération régionale, « et non une menace ». Le gigantesque projet hydroélectrique devrait produire plus de 5 000 mégawatts d’électricité une fois terminé.
Le chantier du GERD a commencé en 2011, principalement financé par l’Éthiopie elle-même à hauteur de 4,2 milliards de dollars. Il constitue, depuis, une source de tensions diplomatiques, notamment avec l’Égypte – qui craint une réduction de son accès aux eaux du Nil – et le Soudan.
Malgré plusieurs cycles de négociations sous l’égide de l’Union africaine et de médiations internationales, aucun accord juridiquement contraignant sur la gestion à long terme des eaux du Nil n’a encore été trouvé entre les trois pays.




