Considérations environnementales sur l’utilisation du gaz naturel




Les experts environnementaux demeurent sceptiques sur les avantages du gaz naturel sur le climat, malgré les initiatives visant à présenter cette énergie comme un pont entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables. Explications

 

Des experts de l’ONU et des professionnels du secteur de l’énergie, ont plaidé, le 24 avril à Genève, pour l’utilisation du gaz naturel comme ressource “moins polluante” pouvant assurer la transition entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables. Un point de vue qui n’est pas partagé par les experts environnementaux.

Bien que son composant principal, le méthane (CH4), ait une durée de vie plus courte dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone (CO2) – environ 12 ans comparé à 150 ans pour le CO2 -, le potentiel de réchauffement global du CH4 est 28 fois plus élevé que le CO2. En outre, le gaz naturel produit également du CO2 lorsqu’il est brûlé.

D’après les statistiques de l’Organisation météorologique mondiale, les niveaux de méthane dans l’atmosphère ont atteint un record en 2016, soit 1853 parties par milliard (ppb), environ 257% du niveau qu’il avait à l’époque préindustrielle.

Les craintes exprimées en rapport avec la pression du gaz naturel sur l’environnement ont augmenté avec l’adoption, par les Etats-Unis, du gaz de schiste, ressource dont le pays est premier producteur mondial depuis 2009 et exportateur net depuis 2017, a expliqué Alexandra Laurent, économiste à la Cnuced, à la 8e édition du Global Commodities Forum (GCF 2018).

L’extraction du gaz de schiste fait recours à la fracturation hydraulique. La technique consiste à injecter un mélange de fluide (généralement de l’eau), de sable et d’additifs chimiques sous haute pression dans des roches peu perméables afin de les fracturer pour libérer le gaz. Le mélange de gaz ou d’huile remonte à la surface ainsi qu’une partie de l’eau et des additifs injectés.

Près de 90% de la production de gaz de schiste américaine, d’ici 2025, fera recours à la fracturation hydraulique. Le procédé inquiète les organisations environnementales notamment à cause du fait: qu’il libère des substances potentiellement cancérigènes et pouvant infecter les nappes d’eau, qu’il consomme beaucoup d’eau et qu’il pourrait causer de petits tremblements de terre localisés.

Pour utiliser et faire accepter le gaz comme carburant “de pont”, il est nécessaire d’obtenir l’adhésion des communautés locales; et d’améliorer la transparence sur les risques de fuite de méthane et celles liées à l’extraction de gaz de schiste, recommande Alexandra Laurent.

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