Comment la tendance haussière des cours du baril affecte les pays importateurs de produits pétroliers, cas de la Tunisie




Le budget de l’Etat tunisien pour 2022 a été établi sur la base d’un prix du baril de pétrole brut à 75 dollars. Avec le baril à plus de 100 dollars, l’Etat va devoir compenser en élevant les prix à la pompe

 

Vu sa dépendance aux importations de céréales (84% de ses besoins en blé tendre, pas moins de 40% en blé dur et 50% pour l’orge) et la flambée des cours de pétrole, la Tunisie est obligée de trouver des formules pour faire face aux potentielles répercussions néfastes du conflit en Ukraine, l’un des principaux fournisseurs de la Tunisie, a mis en garde le 09 mars dernier l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE).

Dans son rapport « La guerre en Ukraine : impacts et mesures à prendre », présenté mercredi à Tunis, l’IACE a appelé le gouvernement tunisien à mettre en place une cellule de crise pour déterminer les options à entreprendre d’urgence en matière de diversification de sources d’approvisionnement en céréales; et à tenir compte également de l’impact des cours du pétrole sur le marché intérieur.

S’agissant de la hausse des cours du pétrole sur le marché international à cause du conflit en Ukraine et des sanctions contre la Russie (deuxième volet du rapport), l’IACE rappelle que le budget de l’Etat tunisien pour 2022 a été établi sur la base d’un prix du baril à 75 dollars.

Le 07 mars dernier, les cours avaient atteint un record depuis 2008, à 139,13 dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord et 130,50 pour le baril de West Texas Intermediate (WTI).

Il s’agit d’une charge supplémentaire pour la caisse de compensation d’environ 7 milliards de dinars (2,3 milliards de dollars). Cette charge supplémentaire, explique l’IACE, affectera directement le budget de l’Etat qui sera obligé d’augmenter les prix à la pompe.

Par conséquent, tout un circuit sera systématiquement touché, sachant que les deux tiers de la hausse sera au niveau des carburants routiers et le tiers restant concernera la consommation industrielle, d’où un effet direct sur le prix de l’électricité et la compétitivité des entreprises.

Au vu de cet état des lieux l’IACE propose au gouvernement tunisien d’opter pour l’approvisionnement en produits essentiels aux dépens de produits secondaires. Le déblocage de l’aide émanant de l’Union européenne, de 300 millions d’euros pour l’appui budgétaire en Tunisie, peut être l’une des sources d’apaisement en la matière.

De plus, selon l’IACE, les autorités tunisiennes devraient accélérer les négociations avec la Banque mondiale et le FMI pour l’obtention d’une aide exceptionnelle d’urgence qui pourrait atteindre 1 à 1,5 milliard de dollars au titre de l’année 2022.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *