Cameroun: la liaison de la région de l’Est au Réseau interconnecté Sud envisageable vers décembre 2021 (Minee)




Perspective présentée par le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, sur le terrain vendredi 18 septembre, dans le cadre de la mission de suivi-évaluation des travaux confiés à l’entreprise indienne Kalpa-Taru

 

 

C’est un projet d’une “importance capitale”, a relevé le ministre camerounais de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, ce 18 septembre à Abong-Mbang, dans la région de l’Est, en qualifiant les travaux en cours pour la liaison de la région de l’Est au Réseau interconnecté Sud (RIS).

Dans le cadre de la visite de suivi-évaluation menée ce jour – la deuxième pour ce projet après une première effectuée en octobre 2019-, le Minee a avancé le délai de 15 mois, soit “décembre 2021”, pour la connexion de la ligne 225 kV, prévue pour relier Yaoundé, à partir d’Ahala, au poste de transformation 225/90 kV d’Abong-Mbang (département du Haut-Nyong, région de l’Est). Une fois achevée, elle sera la première liaison du RIS avec la région de l’Est. 

Le ministre camerounais de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou, Essomba (g), se fait expliquer l’état du chantier par un responsable indien de Kalpa-Taru; le 18 septembre 2020 à Abong-Mbang. © Energies-media.com

L’Est, plus grande région du Cameroun de par sa superficie (109 002 km2), est alimentée en électricité depuis l’indépendance du pays avec des centrales thermiques isolées, malgré une dynamique activité industrielle (forêts, mines). Le carburant (gasoil) de ces centrales thermiques – que ce soit celles exploitées par le concessionnaire de la distribution de l’électricité Eneo ou celles exploitées par les usines et les particuliers – est plus coûteux que l’énergie hydroélectrique que le Cameroun s’attèle à développer à partir de ses divers bassins, dont la Sanaga qui concentre plus de la moitié de la puissance équipable du Cameroun.

Abong-Mbang avant Bertoua

A Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, la centrale thermique installée par Eneo “utilise du gasoil pour un coût de près de 08 milliards de F CFA/an [environ 12,2 millions d’euros, NDLR] avec un coût de production de 200 FCFA/kWh”, relève le ministère de l’Eau et de l’Energie dans un document officiel consulté par Energies Media. Ce coût est “trois à quatre fois” plus élevé que le coût de l’hydroélectricité, a décrié Gaston Eloundou Essomba lors de sa visite sur le site.

L’objectif, pour les pouvoirs publics camerounais, est de mettre à l’arrêt la centrale thermique de Bertoua à travers ce projet. Cependant, si la commune d’Abong-Mbang sortira du noir avec la livraison de la ligne d’interconnexion, l’acheminement de l’énergie du RIS au chef-lieu de la région (Bertoua) pose d’autres contraintes. Il faut notamment une ligne de 90 kV, qui n’est pas encore en chantier mais dont le Minee assure que les financements sont “disponibles” et l’entrepreneur “connu”.

La stratégie présentée par le Minee consiste dans ces conditions à veiller à la “réhabilitation” par le distributeur de l’électricité Eneo d’une ligne de 30 kV existante entre Abong-Mbang et Bertoua; ceci afin de pouvoir “synchroniser” la mise en service du poste d’interconnexion et la disponibilité de l’énergie à Bertoua. La ligne de 90 000 volts sera livrée donc ultérieurement, le Minee n’a pas toutefois avancé de délai à propos.

Les travaux des lignes Yaoundé – Abong-Mbang, qui s’étendent sur 205 km et dont l’ordre de service de démarrage a été officiellement signé en novembre 2019 pour 27 mois, sont exécutés sur le terrain par l’entreprise indienne Kalpa-Taru Power Transmission Limited. La maîtrise d’oeuvre est assurée par le groupement franco-camerounais TractebelFatsons Engineering. Les lignes seront soutenues par 667 pylônes; 66 de ces pylônes sont officiellement déjà montés. L’entreprise indienne est aussi l’entrepreneur des lignes haute tension 225 kV Nkongsamba-Bafoussam (33 km) ainsi que leurs ouvrages connexes.

Kalpa-Taru assure que plus de 90% du matériel du projet est déjà livré. ici, du matériel à la base vie d’Ayos (Est) le 18 sept. 2020 © Energies-media.com

Taux de réalisation de 25%

Le taux d’avancement global actuel des lignes Yaoundé – Abong-Mbang et les infrastructures associées, tel que présenté par Kalpa-Taru le 18 septembre, est de 25%. L’entreprise assure toutefois avoir déjà plus de 90% des équipements attendus pour avancer dans l’exécution du projet en espérant que les emprises du projet seront libérées.

Sur ce point, le ministre de l’Energie a indiqué que le gouvernement s’attèle à produire, “dans les délais raisonnables”, les décrets d’indemnisation des populations concernées en vue de procéder aux paiements.

L’achèvement du chantier mené par Kalpa-Taru va permettre à une partie de la région de l’Est de bénéficier de l’énergie des nombreux barrages hydroélectriques en cours de développement au Cameroun initialement pour le RIS (qui alimente en électricité les régions du Centre, Sud, Littoral, Ouest, Sud-Ouest et Nord-Ouest).

Le productible actuellement installé dans la région de l’Est “ne dépasse pas 15 MW” pour une demande potentielle de 30 MW, selon le Minee. Une centrale de cette puissance est en construction dans la région, à Lom Pangar.

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