Cameroun: Eneo évalue à 92 millions d’euros par an les pertes de l’ensemble du système électrique liées à la fraude




Ces pertes sont supérieures aux 70 millions d’euros du budget d’investissement 2020 d’Eneo, de source institutionnelle. La fraude est orchestrée “de l’interne comme de l’externe”

 

 

L’assainissement des installations de distribution d’électricité et commerciales (compteurs) constitue un “levier critique”, “une urgence”, “un impératif”, martèle Eneo, qui a partage à Energies Media cette semaine sa note d’information du mois de juillet sur le coût de la fraude.

“Les pertes de trésorerie sur l’ensemble du système électrique représentent plus de 60 milliards de francs CFA par an [92 millions d’euros, NDLR]. C’est largement supérieur au budget d’investissement d’Eneo pour 2020 (45,7 milliards) [70 millions d’euros, NDLR], couvrant les besoins dans la production, la distribution, le commercial, et autres”, relève la filiale de l’investisseur britannique Actis.

“C’est aussi l’équivalent d’au moins deux centrales solaires de 25 mégawatts, ou du raccordement au réseau électrique de plusieurs centaines de localités, ou encore l’acquisition de plus de 1 800 000 nouveaux compteurs prépayés, etc.”, ajoute-t-elle.

L’ancien directeur général d’Eneo, Joël Nana Kontchou, mettait déjà au compte de la fraude la mauvaise qualité d’énergie (baisse de tension) ressentie chez de nombreux clients pour cause de surcharge des transformateurs dans les zones affectées par les branchements pirates, les accidents et incendies, ainsi que la perte d’environ 32% de l’énergie livrée au secteur public.

La fraude “nuit gravement à la rentabilité de tout le système électrique”, réitère Eneo; qui rappelle que dans la situation actuelle il y a une injustice sociale étant donné que “70% de clients honnêtes subissent 30% de clients ou consommateurs indélicats”

Des actions sont menées pour réduire la fraude, indique toutefois Eneo, en partenariat avec d’autres acteurs comme le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee) et l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), entre autres.

“Ces 12 derniers mois par exemple, environ 60 barons de la fraude ont été mis à la disposition de la justice ; un baron étant un acteur qui entretient, de manière illégale, un réseau électrique pouvant alimenter jusqu’à une centaine ménages”, explique Eneo.

Les auteurs de la fraude peuvent être des acteurs externes ou internes et ils se recrutent même parfois parmi les agents de la société concessionnaire de la distribution de l’électricité. “Plus de 10 agents Eneo [ont été] licenciés pour intelligence avec les réseaux indélicats”, reconnaît l’entreprise.

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