Cameroun: l’Etat veut augmenter ses actions dans le capital de la Société nationale de raffinage




L’opération vise à transformer une partie de la dette due par le raffineur à l’administration fiscale en actions au profit de l’Etat, pour un montant de 128 milliards de F CFA (environ 195,13 millions d’euros)

 

Une assemblée générale extraordinaire de la Société nationale de raffinage (Sonara), prévue le 30 juin 2018 à Douala, va examiner le “Projet de recapitalisation” de l’unique raffinerie du Cameroun.

Dans un “avis de convocation aux actionnaires” publié la semaine passée, le PCA de la société – John Ebong Ngole –  donne des détails sur l’opération en projet. Il s’agit d’une “reconversion partielle de la dette fiscale de la Sonara à hauteur de F CFA 128 000 000 000 [environ 195,13 millions d’euros] en actions au profit de l’Etat du Cameroun”, renseigne-t-il.

L’Etat détient actuellement 80,29% des actions dans la raffinerie, à travers la participation de certaines sociétés publiques: Société nationale des hydrocarbures (SNH), Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), Société nationale d’investissement (SNI) et ministère des Finances. Les sociétés pétrolières françaises Total Outre-Mer et Elf Aquitaine détiennent les 19,71% restants.

Selon les chiffres disponibles sur le site web de la raffinerie, le capital social actuel de la Sonara est estimé à 32,54 milliards de F CFA (environ 49,6 millions d’euros).

La Sonara, créée en 1973, est l’une des entreprises publiques les plus endettées. Selon des données du FMI, entre 2016 et 2017, l’entreprise a accumulé des arriérés fiscaux équivalents à 0,9 % du PIB du Cameroun.

La société située à Limbé, à travers le brut léger qu’elle importe et raffine, permet d’approvisionner le marché national et régional dans divers produits pétroliers: butane, essence super, jet, pétrole lampant, gasoil, distillat, fuel oil.

Elle raffine cependant actuellement moins de 10% du brut local qui ne sied pas à son outil de transformation.

Depuis 2010, elle est engagée dans un projet de modernisation de ses infrastructures pour pouvoir porter sa capacité de raffinage de 2 100 000 tonnes à 3 500 000 tonnes. Le projet, quasiment achevé selon les dires des responsables, n’a pas encore été livré.

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