La partie équatoguinéenne espère une redétermination de ses parts sur les ressources gazières du projet, après délimination de la frontière maritime avec le Cameroun. Un projet qui piétine et qui a été évoqué au cours de l’audience accordée par l’administrateur-directeur général de la SNH au vice-président de la République de Guinée équatoriale et sa délégation à Yaoundé le 19 novembre
Le gisement gazier Yoyo/Yolanda, pour lequel le Cameroun et la Guinée équatoriale mènent des négociations depuis près d’une décennie – a connu des avancées ces dernières années mais des obstacles demeurent, a appris Energies Media le 19 novembre à Yaoundé au siège de la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun, au cours de l’audience accordée par l’administrateur-directeur général de la SNH au vice-président de la République de Guinée équatoriale Teodoro Nguema Obiang Mangue et sa délégation.
Parmi les défis : la délimitation de la frontière maritime entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Les découvertes de gaz Yoyo et Yolanda se situent à la frontière maritime entre les deux pays. Yoyo est un bloc offshore, s’étendant sur plus de 679 km2 dans le bassin de Douala/Kribi-Campo au Cameroun. Il est contiguë au champ Yolanda, qui appartient au bloc I, en Guinée équatoriale. Les deux partagent une même structure géologique et abritent des réserves de gaz naturel et de condensats de gaz évaluées à 2 500 milliards de pieds cubes de gaz (2,5 TCF de gaz). Selon la clé de répartition initiale, le Cameroun devrait avoir 84% des ressources tirées de l’exploitation en commun du champ transfrontalier et la Guinée équatoriale 16%.
Cependant, la répartition des ressources entre les deux Etats sera “redeterminée” au terme de la “délimitation de la frontière maritime entre les deux Etats”, a expliqué Jean-Paul Akono, directeur de la Production à la SNH au cours de l’audience accordée au vice-président de la Guinée équatoriale par la représentante de l’ADG de la SNH, Nathalie Moudiki.
Les deux pays ont mis sur pied une commission ad hoc de sécurité transfrontalière sur la délimitation de leur frontière terrestre et maritime; commission qui n’a pas encore livré ses travaux et sur laquelle pèsent de nombreuses attentes. Un projet d’accord sur cette frontière a été paraphé depuis 2012, a informé Nathalie Moudiki dans son allocution.
Au cours de l’audience à la SNH, le vice-président équatoguinéen était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Guinée équatoriale Simeón Oyono Esono; du ministre des Hydrocarbures et du Développement minier de la Guinée équatoriale Antonio Oburu Ondo et de l’ambassadeur de Guinée équatoriale au Cameroun Armando Kote Echuaca.
Situation du projet Yoyo/Yolanda
Sur les trois accord principaux liés au projet, il a déjà été signé l’accord bilatéral entre les deux pays, par les chefs d’Etat camerounais Paul Biya et équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à Yaoundé le 17 mars 2023 en marge du sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Les deux parties parties et l’entreprise américaine Chevron sont actuellement à la négociation de l’accord d’unitisation qui doit définir les termes régissant l’exploitation conjointe du champ transfrontalier unitisé Yoyo/Yolanda. Suivra enfin l’accord d’opérations qui vise à définir les conditions dans lesquelles l’opérateur choisi opèrera l’unité.
Les questions fiscales et douanières, les questions sur le contenu local ont déjà été étudiées, a indiqué le directeur de la production de la SNH.
L’option de développement retenue consistera à exporter, via des pipelines, une partie du gaz vers le centre de traitement de gaz de Bipaga (Sud-Cameroun) et l’autre partie vers le complexe industriel de Punta Europa situé sur l’île de Bioko en Guinée équatoriale via les installations du champ Alen.
Les produits du traitement final à Punta Europa et Bipaga seront les condensats, les gaz de pétrole liquéfié (butane à usage de gaz domestique, propane), du gaz sec pour la liquéfaction, du gaz pour les industries locales.
D’autres points de divergences ont été évoqués, notamment des divergences entre les deux Etats et l’opérateur américain Chevron. Ces divergences à lever portent sur la loi applicable à l’unité (le champ transfrontalier Yoyo/Yolanda), la SNH souhaitant que ce soit les lois nationales. L’autre divergence porte sur la réglementation des changes mise en vigueur par la BEAC depuis mars 2019 mais contestée par les sociétés pétrolières internationales.




