Le Cameroun peut devenir “un acteur régional majeur de l’énergie électrique” (BAD)




Avec 4% du potentiel hydroélectrique seulement utilisé, le géant de l’Afrique centrale peut connaître un bond en avant avec la structuration d’un marché régional de l’énergie

 

Le Cameroun, qui représente à lui seul 40% du PIB des six pays de la Cemac, dispose d’un potentiel énergétique important – le deuxième du continent après la RDC – avec une puissance estimée à 23 000 MW.  

Mais “à ce jour, on estime que seulement 4 % de ce potentiel hydroélectrique est utilisé”, note la Banque africaine de développement (BAD) dans un rapport publié le 02 novembre dernier.

“L’objectif est d’accompagner le Cameroun dans l’accroissement de sa capacité de production, notamment grâce aux énergies renouvelables, mais aussi de l’aider, en exploitant son énorme potentiel, à devenir un acteur régional majeur de l’énergie électrique, dans le cadre de la structuration d’un marché régional d’énergie”, peut-on lire dans l’édition 2017 de la “Revue synthétique des résultats pays” pour le Cameroun.

La BAD finance à ce propos une étude sur la ligne d’interconnexion Cameroun – Tchad qui représente, selon elle, “l’une des infrastructures énergétiques les plus importantes à réaliser au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC)”.

Le projet d’interconnexion électrique entre le Tchad et le Cameroun englobe plusieurs composantes, dont: la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Lagdo, au Cameroun; la construction de la centrale hydroélectrique de Bini à Warak, au Cameroun; la construction de ligne de transport d’énergie haute tension et des ouvrages associés entre la ville de Maroua au Cameroun et N’Djamena au Tchad (250 km) et de Ngaoundéré à Maroua (414 km), afin de permettre d’acheminer au Tchad une partie de l’énergie issue de la centrale hydroélectrique de Bini Warak située au sud de l’Adamaoua lorsque celle-ci sera mise en service.

Le document publié par la BAD le 02 novembre 2017 évalue les progrès de développement accomplis par le Cameroun au cours des 10 dernières années et l’apport de la BAD dans ces progrès, sur les cinq priorités de la Banque, les “High 5”: “Éclairer l’Afrique, Nourrir L’Afrique, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique”.

Indicateurs nationaux en matière d’électricité

Energies Media a consulté la revue et relevé quelques points développés dans les résultats du Cameroun par rapport à la première priorité: “Eclairer l’Afrique”.

Selon les données de la BAD, le taux national d’accès à l’électricité était “d’un peu plus” de 50% en 2015 et 22% seulement dans les zones rurales.

La vétusté des équipements de transport électrique entraîne une perte technique qui correspondait à plus de 13% de l’énergie produite en 2013.  

La Banque évalue la production électrique nationale à environ 1300 MW, portée essentiellement par l’hydroélectricité et les centrales thermiques. Ce qui en fait une énergie renouvelable à 74% en 2015.  

Le Cameroun a pour objectif de porter la production à 2000 MW d’ici 2 ans, puis à 6000 MW à l’horizon 2030. La demande devrait augmenter de plus 8 % par an jusqu’en 2035.

Le déficit en matière de production est évalué à environ 300 MW en saison sèche.

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