Algérie: le Premier ministre donne des éclairages sur le choix du recours au financement non conventionnel pour soutenir les déficits du pays




L’option a été adoptée en Conseil des ministres le 06 septembre dernier face à l’effondrement continu des cours du pétrole qui affectent l’Algérie depuis trois ans

 

Le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a justifié dimanche, 17 septembre, devant les députés, à l’Assemblée populaire nationale (APN), les choix économiques du gouvernement et notamment l’option prise, le 06 septembre dernier, de recourir au financement non conventionnel.

Le conseil des ministres de l’Algérie a adopté le 06 septembre 2017 un projet de loi portant amendement de la Loi sur la monnaie et le crédit afin de permettre à la Banque d’Algérie d’acheter des bons du Trésor public. Le pays est sérieusement affecté depuis l’effondrement, au second semestre 2014, des prix du baril de pétrole.

D’après le Premier ministre algérien, les réserves de change, qui avaient atteint près de 200 milliards de dollars en 2014, se sont érodées à près de 100 milliards de dollars en 2017.

Les réserves du Fonds de Régulation des Recettes –  créé en 2000 pour gérer les excédents budgétaires liés aux exportations d’hydrocarbures – qui ont culminé à plus de 5 000 milliards de dinars algériens en 2012, ont été épuisés en début d’année, d’après les données présentées à l’APN dimanche par M. Ouyahia.

Depuis plus de deux décennies, les hydrocarbures représentent plus de 95% des exportations totales de l’Algérie.

L’Algérie, selon les explications du Premier ministre, a évité d’avoir recours à l’endettement extérieur afin de ne pas se retrouver dans une situation d’insolvabilité envers ses créanciers et d’avoir ainsi recours au FMI. L’institution pourrait conditionner alors son intervention par un programme d’ajustement structurel qui pourrait s’avérer “socialement tragique”. Situation que le gouvernement défend avoir voulu éviter.

Le gouvernement algérien a aussi délaissé l’option de l’endettement sur le marché financier national, tenant compte de la “raréfaction des liquidités” dans les banques locales.

La planche à billets, option retenue, va permettre à la Banque d’Algérie d’acquérir des titres du Trésor public, pour permettre à l’Exécutif de financer les déficits du budget ainsi que la commande publique.

D’après Ahmed Ouyahia, le Trésor public algérien a une dette publique “qui ne dépasse pas les 20% du PIB”. Toutes choses qui lui donneraient “une marge raisonnable d’endettement ».

Le Premier ministre assure que ce recours aux financements non conventionnels évitera aux citoyens d’avoir à payer des impôts nouveaux qui auraient pu être mis en place.

 

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