L’AIE évalue les besoins pour accélérer les énergies vertes dans les pays en développement à 1 000 milliards USD par an d’ici 2030




Ces investissements sont actuellement de l’ordre de 150 milliards de dollars par an, selon un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie mercredi 09 juin

 

Le monde doit soutenir bien plus massivement le déploiement d’énergies « propres » dans les pays en développement, faute de quoi il ne parviendra pas à limiter le dérèglement climatique global, souligne l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un rapport publié ce 09 juin.

L’investissement dans les énergies « vertes » recule depuis quelques années dans les pays émergents et en développement (hors Chine), et la crise du Covid n’a rien arrangé : il faudrait en multiplier le montant actuel par 7, pour le faire passer de quelque 150 milliards de dollars par an à plus de 1 000 milliards par an d’ici 2030 et ainsi mettre le globe sur la voie de la neutralité carbone à 2050, a calculé l’AIE.

« Nous sommes engagés dans une course à la neutralité carbone : ce n’est pas une course entre pays, mais contre le temps », dit à l’AFP le directeur de l’AIE, Fatih Birol : « il n’y aura pas de vainqueur si tout le monde ne franchit pas la ligne d’arrivée ». Or « les régions en développement, qui abritent deux tiers de la population mondiale, génèrent 90% de la croissance des émissions mais reçoivent seulement 20% des financements consacrés aux énergies propres », ajoute-t-il. « Si nous n’agissons pas rapidement pour accélérer ces investissements, ce sujet deviendra la ligne de faille la plus critique dans la lutte contre le réchauffement ».

À ce stade des plans énergétiques connus, les émissions de CO2 de ces économies d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, devraient ainsi croître ces 20 prochaines années – quand celles des économies avancées baisseraient et celles de la Chine se stabiliseraient.

Le rapport de l’AIE, publié en collaboration avec la Banque mondiale et le Forum économique mondial, souligne l’importance des financements privés. Mais action internationale et fonds publics devront jouer le rôle de catalyseurs, ajoute-t-il, dans des environnements pas toujours favorables : manque de visibilité sur les projets et stratégies, infrastructures parfois limitées ou finances nationales déficientes, instabilité monétaire…

« L’argent ne manque pas à l’échelle mondiale, mais il ne va pas là où il est le plus nécessaire », résume M. Birol. « Les gouvernements doivent donner aux institutions financières internationales le mandat stratégique consistant à financer les transitions énergétiques dans les pays en développement », souligne l’économiste, qui appelle les dirigeants du G7 à s’en saisir.

Dans ce contexte, les 100 milliards de dollars annuels de financements climatiques, que les pays du Nord se sont engagés à verser au Sud dans le cadre des négociations climat de l’ONU et de l’accord de Paris, sont « un plancher », souligne l’AIE, sûrement « pas un plafond ».

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