Afrique du Sud: un plan de sauvetage de 1,4 milliard d’euros par an pour la compagnie publique de distribution d’électricité




En présentant, le 20 février, son budget 2019-2020 devant le Parlement au Cap (sud), le ministre sud-africain des Finances, Tito Mboweni, a confirmé que son gouvernement allait voler au secours d’Eskom, qui fournit 90% de l’électricité du pays

 

Le gouvernement sud-africain a annoncé mercredi, 20 février, un plan de sauvetage de 1,4 milliard d’euros par an pour le géant public de l’électricité Eskom, dont les difficultés menacent l’économie du pays à moins de trois mois des élections. Les agences de notation financière ont menacé la première puissance industrielle du continent africain d’une nouvelle dégradation en cas de faillite du groupe, qui affiche une dette abyssale de 420 milliards de rands (27 milliards d’euros).

Symbole de la dégringolade d’Eskom, l’Afrique du Sud a renoué la semaine dernière, pour la première fois depuis cinq ans, avec les délestages massifs. En présentant mercredi son budget 2019-2020 devant le Parlement au Cap (sud), le ministre des Finances, Tito Mboweni, a confirmé que son gouvernement allait voler au secours de l’entreprise, qui fournit 90% de l’électricité du pays. « Nous allons mettre de côté 23 milliards de rands (1,4 milliard d’euros) par an pour aider financièrement Eskom » le temps de sa restructuration, a-t-il annoncé.

Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé au début du mois que l’entreprise serait divisée en trois entités distinctes (production, transport, distribution) et promis de ne pas tailler dans ses 50 000 emplois. « Je veux que ce soit clair, le gouvernement ne prendra pas en charge la dette d’Eskom », s’est-il toutefois empressé d’ajouter. « Verser de l’argent directement dans Eskom dans sa forme actuelle, c’est comme verser de l’eau dans une passoire ».

Le ministre s’est également interrogé sur la pertinence de conserver toutes les entreprises publiques, profondément endettées et gangrénées par la corruption pendant les années de la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

L’Afrique du Sud se débat depuis la crise financière de 2008 avec une croissance molle, un chômage très élevé (27%), des inégalités criantes et une dette nette de 142 milliards d’euros (48,6% du produit intérieur brut). Pour 2019, le ministre a tablé sur une croissance de 1,5%, alors que le pays sort tout juste d’une récession technique (0,7% de croissance sur l’année 2018). « L’Afrique du Sud est une petite économie et nous sommes affectés par les résultats de l’économie mondiale. La croissance mondiale devrait baisser, limitant les prévisions de croissance » du pays, a-t-il regretté.

Confronté à une baisse de revenus de 962 millions d’euros l’an dernier, l’Etat a annoncé une hausse de 7% du prix des cigarettes et de la bière et de 0,2 euro le litre de carburant. Pour réduire ses dépenses, le gouvernement a aussi décidé d’encourager les départs anticipés des fonctionnaires, sans avancer de chiffre. « Dans un geste de bonne volonté », les parlementaires montreront l’exemple en gelant leur salaire cette année, a annoncé Tito Mboweni.

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