La réforme vise à créer une société d’Etat indépendante chargée de l’exploitation du réseau de transport d’électricité et du marché de l’électricité
L’Afrique du Sud va poursuivre le démantèlement du fournisseur d’électricité Eskom et créer une société indépendante chargée de l’exploitation du réseau de transport d’électricité, a déclaré le 12 février le président Cyril Ramaphosa, confirmant une réforme majeure surveillée de près par les investisseurs internationaux.
La première économie industrielle du continent africain est paralysée depuis des années par des coupures de courant récurrentes, alors qu’Eskom, entreprise publique, peine à maintenir ses installations vieillissantes et souffre de difficultés financières. La scission de la société vise à attirer des capitaux privés et à construire un système électrique plus moderne et fiable. Le transport de l’électricité constitue l’un des principaux freins à l’augmentation de l’offre énergétique et à la croissance économique.
Lors d’une allocution nationale, Ramaphosa a confirmé la création d’une « entité de transport entièrement indépendante, mais appartenant à l’État », qui détiendra et exploitera les actifs du réseau ainsi que le marché de l’électricité.
Il a chargé une équipe de travail, placée sous l’autorité du Comité national de crise énergétique, de superviser la restructuration et de remettre un rapport sous trois mois, précisant un calendrier de mise en œuvre.
FMI
L’annonce de Ramaphosa intervient après une mise à jour du ministre de l’Électricité Kgosientsho Ramokgopa en décembre, qui proposait de conserver les actifs de transport comme filiale d’Eskom.
Une présentation du ministère de l’Électricité et de l’Énergie a souligné que l’Afrique du Sud aura besoin de 390 milliards de rands au cours de la prochaine décennie pour les infrastructures de transport, un financement qu’Eskom ne peut assurer seul en raison de ses contraintes financières.
Dans son rapport au titre de l’article IV, le Fonds monétaire international a exhorté l’Afrique du Sud à accélérer les réformes énergétiques, notamment en séparant les unités de production et de transport d’Eskom, en créant un marché de gros fonctionnel et en soutenant les projets privés de transport grâce à des outils de partage des risques, tels qu’un futur véhicule de garantie de crédit soutenu par la Société financière internationale.
Le FMI a également mis en garde contre la faible capacité d’Eskom à assurer le service de sa dette et contre la forte augmentation de la dette publique.




